‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 113 sur 149 · LA FÉCONDITÉ · texte numérisé non relu

LA FÉCONDITÉ

Un savetier que Biaise l'on appelle,

Voyant sa femme en humeur d'accoucher,

Lui dit : « M'amour, attends, je vais chercher

Tout de ce pas la voisine Catelle,

Et ne pouvant, sans par trop de chagrin,

Te voir souffrir la douleur d'être mère,

Pendant ce temps, au cabaret voisin

Je vais aller, avec Luc mon compère,

A ta santé boire un verre de vin.

Sus, prends courage et sois prête à bien faire. »

Chez la voisine en hâte il va d'abord ;

Puis avec Luc il entre à la Croix-d'Or.

« Cbopine à douze. » On s'assied, puis l'on cause,

On boit un coup ; le vin semble fort bon :

On en boit deux ; encor meilleur. « Garçon !

Donne-nous pinte ; apporte quelque chose

Pour déjeuner, du fromage, du pain. »

On boit, on mange, on parle du parrain,

Et des bonbons, et puis de la commère,

Et de l'enfant dont Biaise sera père :

On lui choisit d'avance un bon métier,

Qui puisse un jour rendre sa vie heureuse :

Si c'est un fils, il sera savetier ;

Pour une fille, on la fait ravaudeuse :

On s'applaudit, on trinque là-dessus,

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