LE VIN MÉDICINAL
Je ne trouve en ma médecine Simple qui soit plus excellent Que la noble plante de vigne, D'où le bon vin clairet provient.
Il u'}^ a, chez l'apothicaire, De drogue que je prise mieux Que ce bon vin, qui me fait faire Le sang bon et l'esprit joj^eux.
Qu'on ne m'apporte point de casse Et qu'on ne coure au médecin :
De vin qu'on emplisse ma tasse, Qui me voudra rendre bien sain '
En mon reclpe qu'on ordonne Que je boiraj^ vin d'Oréans :
La recette me sera bonne.
Les médecins, honnestes gens.
Mais s'ils m'ordonnent de l'eau douce Ou la tisane simplement, Sont gens qui veulent tout d'escousse Me faire mourrir pourement.
Je ne veux ni laict^ ni fruitage :
De ce, je ne suis point friand; Mais je vendrais mon héritage, Pour avoir de ce vin riant.
Oh ! que c'est dure départie De ma bonche et de ce bon vin !
A tous ceux-là je porte envie, Qui ont encore le verre plein !
Olivier Basseli