‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 138 sur 149 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Au fond, un groupe de trois personnages ; commencement de scène muet ; ils s'avancent en gesticulant.

HYDRARGYRE, lODURE DE POTASSIUM, TURBIIH

HYDRARGYRE

Oser nous mépriser ! La chose est sans pareille, A nous deux jusqu'ici nous avons fait merveille. D'où vient donc qu'aujourd'hui notre lustre ait pâli Et que notre vigueur un moment ait faibli?

lODURE DE POTASSIUM

Par mon père Varech ! moi je n'en fais que rire I Tu t'alarmes à tort, mon très cher Hydrargyre. Laissons-les tout tenter; vers nous on reviendra Tôt ou tard, tu verras ; on leur démontrera Qu'ils n'ont que sot orgueil, vanité ridicule ; Qu'ils ne sauraient franchir la moindre vésicule ;

Que nous sommes toujours les preux du grand

[saint Louis.

Nous paraîtrons aux yeux, quelque temps éblouis, Avec tant de splendeur, tant de magnificence, Que nul n'égalera jamais notre puissance. Il y a là, je crois, des intrigues de cour-, N'en doute pas, ami, chacun aura son tour,

HYDRARGYRE

J'ai raison de blâmer l'esprit de notre époque, Et c'est avec regret que bien souvent j'évoque Le vivant souvenir d'un illustre passé ! Des dédains de Sulfur j'ai droit d'être blessé. On sort à chaque instant des méthodes antiques. On a renversé tout, et nos vieilles tactiques Sont aujourd'hui l'objet des mépris insultants D'imberbes conseillers, novateurs de vingt ans ! A peine reste-t-il une ou deux bonnes tètes Qui sachent résister à toutes ces tempêtes.

TURBITH, à demi-voix.

Vous nous compromettez; de grâce, parlez bas.

HYDRARGYRE

Te veux crier, morbleu ! je ne me tairai pas ! ^uoi ? j'aurais combattu quarante ans avec gloire our voir périr un jour mon nom et ma mémoire ! ^ui donc a plus que moi soutenu vos drapeaux ?

Qui s'illustra jamais par de plus grands travaux! Et si, comme autrefois dans le camp des Atrides La déroute se mit au camp des Syphilides,

N'est-ce pas par mes soins?

lODURE DE POTASSIUM

Dans quel étrange émc Te voilà, pauvre ami ! Allons donc ! Calme-toi ! J'aperçois l'étendard de notre souveraine ; Le tambour bat aux champs.

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