‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 35 sur 149 · L'AIR NATAL · texte numérisé non relu

L'AIR NATAL

Un de nos amis qui veut garder l'anonyme

nous adresse pour le Parnasse médical^ cett consultation pour un jeune Phocéen :

Je veux vous conter une histoire

Qu'on me conta ces jours passés •

Libre à vous de ne pas la croire,

Mais elle est drôle, c'est assez.

Un Marseillais, un pur, un de la Cannebiqre,

Faisant le commerce à Paris,

Y demeurait avec son fils, Jeune homme de quinze ans, aussi laid que son

[père.

Le pauvre enfant dépérissait !

Ce n'était pas excès d'étude, C'était un maître cancre et pourtant il n'avait

Aucune mauvaise habitude,

Car il n'aimait ni les boissons

Ni les filles ni les garçons ;

Mais il dépérissait.

Sa mère, fort inquiète,

Fit venir tous les médecins.

L'un prescrivit le fer, l'autre ordonna la diète, Celui-ci la rhubarbe et celui-là les bains ; On lui mit des moxas, un séton, un cautère,

Il s'en allait toujours en terre, Rien n'y faisait.

Enfin OD entendit parler D'un tout jeune homme de Marseille,

Docteur-expert de Montpellier,

Qui dans son art faisait merveille ; On rappelle.

Il arrive et trouve le moutard

De plus en plus mal à son aise,

Rendant son âme marseillaise.

« On me fait venir un peu tard 1 »

Dit-il, en prenant une chaise.

Il regarde l'enfant, il lui tâte le pouls, Et la mère disait : « Oh ! Monsieur, voyez-vous ? Je n'y survivrai pas s'il faut que je le perde 1 »

Après quelques instants de méditation.

Notre Esculape lui répond :

« Enfermez-moi ce bougre avec six pots de m,..,

ce C'est là votre dernier espoir, « Et dans trois jours d'ici je retiendrai le voir. »

Le père regarde la mère,

La mère regarde le père.

On était en juillet.

On fait ce qu'il prescrit.

Le malade avait de l'appétit.

< Otez deux pots, dit-il, et donnez un potage ! »

La joie entre dans le ménage.

Trois jours après, l'enfant est un peu plus dispos, s Ça va de mieux en mieux ; ôtez encore deux pots,

Mais calfeutrez bien la fenêtre ! »

Enfin, après trois jours, on le voit reparaître.

L'enfant était tout rose et le printemps

N'a pas de tons plus éclatants; Mais la chambre infectait à vous donner la peste, tt Votre enfant est sauvé, qu'on emporte le reste » Lors, la mère lui dit : — Quel était donc son mal ? — Il avait simplement besoin de l'air natal !

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