‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 82 sur 149 · LE DOCTEUR ET SES MALADES · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR ET SES MALADES

Composition adressée par le chansonnier Be ■anger à son médecin.

Saluons de maintes rasades Ce docteur à qui je dois tant.

Mais, pour visiter ses malades, Je crains qu'il n échappe à l'inltant.

A ces soins son art le condamne, S il vient un message ennemi.

Fiévreux, buvez votre tisane, Laissez-nous fêler notre ami!

Oui, que ses malades attendent;

Il est au sein de l'amitié.

Mais vingt jeunes fous le demandent

D'un air qui pourtant fait pitié.

De Vénus, amants trop crédules, Sur leur état qu'ils ont gémi !

Eh ! messieurs, prenez des pilules, Laissez-nous fêter notre ami.

Quoi ! ne peut-on venir au monde Sans l'enlever à ses enfants ?

Certaine personne un peu ronde Réclame ses secours savants.

J'entends ce tendron qui l'appelle ; Les parents même en ont frémi.

N'accouchez pas, mademoiselle ; Laissez-nous fêter notre amL

Qu'il coule gaîmert son automne, Que son hiver soit encore loin !

Puisse-t-il des soins qu'il nous donne N'éprouver jamais le besoin !

Puisqu'enfin dans nos embrassades Il n'est point heureux à demi, Mourez sans lui, mourez malades ; Laissez-nous fêter notre ami.

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