PRÉSERVATIFS
Près d'un « objet charmant »
Lorsque l'amour m'appelle,
Avant de voir la belle,
Je passe chez Millant.
f^à, du petit au grand,
Pend une ribambelle
De boyaux qu'avec zèle
Il gonfle en y soufflant.
Enfin ! j'ai ma mesure.
Au sein de la luxure,
Vite, allons nous plonger.
Caché dans la baudruche,
Je veux comme l'autruche,
Ne plus croire au danger. D'' G. C.
LE SPÉCULUM.
Catinette, en quelque aventure, S'étant éraillé le satin, Va consulter un beau matin.
On la hisse ; elle est en posture.
Un tube d'étroite ouverture Dans un pâle reflet d'étain Guide le regard incertain Au sein de sa riche nature.
Voilà le bobo découvert, A nous la flamme, à nous le fer Mais — ô faiblesse de la bête ! - Son cautère à peine soufflé, L'opérateur, courbant la tète, Adore ce qu'il a brùIé.
Dr G. C,
PHTHIRIUS PUBIS.
Rome va s'endormir aux pieds d'un nouveau maître
Eq ce jour, aux sons clairs envolés de l'airain.
Le pape Sixte a mis sur son front souverain
La cour(jnne du roi, du guerrier et du prêtre.
Pensif, il est assis à la haute fenêtre
Et goûte la fraîcheur du soir, dans l'air serein.
Or, la mystique voix d'un phthirius pèlerin, Dans un prurit dont la caresse le pénètre, Monte, reconnaissante, et dit : O mon appui ! Te souvjent-ildes temps lointains où, pauvres hères, Nous gardions les pourceaux en traînant nos mi-
[sères, Nous que le monde acclame et révère aujourd'hui :* Ah ! celui-là sera plus qu'Hercule robuste Qui me détachera de ta personne auguste !