SCÈNE III
ZÉNEYDE, NADIR.
NADIR
Oui., je reconnais ce palais, c'est bien celui du seigneur Nathan., ô Mahomet! pourquoi mon exil doit-il durer si peu., quoi ! lorsque l'airain sonnera la deuxième heure...
DUO
Dieu! que vois- je? c'est elle.
ZÉNEYDE , à part.
A mcn rôle soyons fidèle.
NADIR
Son aspect fait battre mon cœ^ir.
ZÉNEYDE, a\^ec tendresse.
Vous nous ê es rendu, seignpur. . .
C'est bien vous'. . moment enchanteur!
Je le vois. . . la bonlé céleste.
Par qui nous sommes protégés,
Dissipe le sommeil funeste
Où tous vos sens étaient plongés.
NADIR
Du ciel la clémence infinie A daigaé me rendre à la vie, . .
Mais quand je songe à mes sermens.
Aux attraits de ce que j'adore.
Cette faveur redouble encore Et mes regrets et mes tourmens.
ZÉNEYDE , à part.
Moment charmant qui me rappella £t ses sermens et ses amours.
Il voudrait donc, amant fidèle^ pfteemhle l ^"P"^^' *^® ™°^ vivre toujours.
NADIR , à part.
Attraits divins, amour fidèle, Auraient charmé mes heureux jours.
Et je la perds, lorsque près d'elle J'aurais voulu vivre toujours.
NADIR
Comment m'acqultter à jamais,
ZÉNEYDE.
Oubliez-vous donc les bienfaits Que ce bracelet me rappelle.
NADIR , regardant son anneau
O surprise nouvelle !
Si l'on m'a dit la vérité. . .
Quoi cette bague serait celle
Que je dois à votre bonté!
De votre anaour j'aurais ce gage,
N'est-ce point un songe trompeur \
ZÉNEYDE.
Ahl de détruire son erreur.
Je ae me sens pas 1« courage!
NADIR
Eh! quoi? je suis donc votre époux?
zÉneyde.
Vous iîliez perdre l'existence.
Et pour in'acquitter envers vous. ..
NADIR
Dieux! quelle douce récompense!
Quami je vois combler tous mes vœux , Le sort m'exile de ces lieux !
Fut-on jamais plus malheureux!
NADIR , à part.
Attrails divins, amour fidèle, Auraient charmé mes heureux jours.
Et je la perds, lorsque près d'elle ■p h1 l -^'^i^rais voulu vivre toujours.
zÉNEYDE , à part.
Moment charmant qui ine rappelle Et ses sermens et ses amours.
Il voudrait donc, amant fidèle.
Auprès de moi vivre toujours.
NADIR
Quoi Zéneyde.. j'aurais pu ëire votre amant , votre cpoux..
ZÉNEYDE , feignant l'étonnement.
Mon époux ! Eh ! mais , ne l'étes-vous pas ?
NADIR , viuement.
Si vraiment! ( La regardant d'un air de regret ). C'est là ma femme!.. Une femme chai-mante... que j'aime, qui m'adore... est-il possible d'être plus malheureux !
ZÉNEYDE , à part.
Il est désespe'ré! Quel plaisir il me fait. [Haut). Ainsi donc nous ne nous quitterons jamais , et quel bon me'nage nous allons faire, je ne parle pas de notre fortune., de uos richesses... le bonheur n'est pas là., mais il est dans l'amitié, -ans la confiance... jamais de soupçons , de jalousies., surtout point de quel elles... n'étant que deux dans notre ménage, nous n'aurons qu'un seul avis , qu'une seule volonté , et la mienne sera toujours de vous plaire.
NADIR
Dieux ! que j'aurais été heureux.
zÉneyde.
Vous eus enchanté... n'est-ce pas... Eh! bien, voilà le plan, que je m'étais tracé, et que nous suivrons toujours? ]V'est-il pas vrai !
NADIR
Toujours... ah! je vous en prie .. ne répétez plus ce mot là . . .
ZENEYDE.
Comment , monsieur , il vous fait peur?.. NADIR , la regardant.
Non, certainement... mais on ne sait jamais ce qu'on a à rester sur terre. ( La regardant toujours ). Et d'ailleurs... dans notre existence... nous avons si peu de temps à perdre... ( A part et cherchant à s'enhardir ) Après tout c'est ma femme... elle en convient elle-même, ainsi... ( Haut ). Zéneyde.. s'il était vrai .. que je dusse bientôt m'éloigner de ces lieux... je sais que j'emporterais avec moi le titre de votre époux... mais dans ce siècle-ci , qu'est-ce que c'est qu'un titre, c'est si peu de chose. . .
ZÉNEYDE , ejfrayée à part.
Ah! mon dieu..
NADIR, vivement.
Et s'il est vrai que vous m'aimiez comme vous l'avez dit..
ZÉNEYDE.
Non., non., monsieur , je n'ai pas dit cela..
NADIR
Si vraiment... vous Tavez dit comme amant et comme époux... c'est comme vous voudrez , je vous laisse le choix !..