‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 182 sur 228 · JEAN-CLAUDE, CLOPIN · texte numérisé non relu

JEAN-CLAUDE, CLOPIN

JEA!S-CLAUDE , occoiirant tout essoujlé.

Nous allons voir.

CLOPIN

Ah ! c'est vous , monsieur Jean-Claude.

JEAN-r.LALDE.

Quoique tu Fais là, au lieu d'être à [es vaches PD'aLord, si elles sont dans notre pré , je te fais payer l'amende.

C LOPIN

Mon dieu, comme vous êtes, au lieu de penser à mes bêtes , vous devriez prendre garde à des animais plus pernicieux qui rodent dans la ferme.

JEAN-CLAUDE

Quoi que tu veux dire .'*

CLOPIN

Oui , ce Bertrand ... en êles-vous bé sûr ?

JEAN-CLAUDE

Ah! mon ami, ne m'en parle point , c'est un coquin . . . mais il va la danser.

CLOPIN

Comment! vous savez déjà?

JEAN-CL\UDE

Tout ; mais j'ai pris mes mesures ; la justice est prévenue : il va être pincé avec tous ses complices , et si tu sais quelque chose et que lu ne veuilles pas être compromis, v'ià le moment de te montrer.

CLOPIN

Si j'en sais , et fameusement , d'abord il ne s'appèle pas Bertrand. . . c'est un nom supposé.

JEAN-CLAUDE , se frottant les maiiis.

Je m'en doutais.

CLOPIN

Il est poursuivi par nne mauvaisse aflaire.

JLAN-CFAUDE.

De plus mieux en plus mieux.

CLOPIN

Ensuite , il est renfermé là avec un espèce de rotomago qui n'parle pas comme un chrétien.

JEAN-CLAUDE

Un étranger ?

CLOPIN

Ca saute aux yeux , il ne parie pas bon français comme vous et mé ; attendez , il dit que c'est un Italien , mais à son accent je croirais plutôt que c'est un anglais ; il dit toujours ya meiner.

JEAN-CLAITDE.

11 dit ya meiner. • . c'est un Anglais, plus de doute. Tout

«î'suile après la bataille de Fontenay . . il y a des Conférences a\ ce un espion anglais ! mon ami, t'es t'un honnête garçon , lu en rempliras les devoirs.

CLOPIN

Dame, oui ^ s'il y a quelque chose à gagner.

JEAN-CLAUDE

Faudra que tu lèves la main.

CLOPIN

J'ia lèverai.

Et que tu jures.

Je jurerai.

JEAN-CLAUDE

CLOPIN

JEAN-CLAUDE

Çà fra un bon petit témoin. . . Quand on les prends jeunes.. . Cours vîle au marché, 11 y a toujours des cavaliers de la maréchaussée . . . Tu leur diras qu il y va du salut de toute la Normandie.

CLOPIN

C'est dit. . . v'ià l'Anglais , je me sauve.

// sort.

JEAN-CLAUDE

C'est l'espion ; il parait joliment conditionné.

SCÈINE XVII.

JEAN-CLAUDE, LADROGUE.

lADHOGUE, à la cantonnade.

Ya meincr . . . Ya meiner. . . ne te montre pas dans les en-

firons.

JEAN-CLAUDE

Comme il a Taccent Anglais.

LADROGUE, un papier à la main , se /mitant les yeux en regardant Jean-Claude.

Allons, liron... c'est inique, comme une pouteilTe de plis ou de moins , vous dérange Tobtique. Vlà mon ordonnance qui est grandie de six puces ! allons , bellc-jamb«, marchons pendant que j'ai chaud.

JE\N-CLAUDE

Comment , marchons , marchez-vous-même.

LADRCXiUE.

Diaple !.. et le mot d'ordre, je pourrais le perdre , je suis étourdi comme un poulet de canon.

jE/fN-CL\rDE , à part.

Le mot d'ordre . . . Oh !

LADROGUE.

{Il ouvre sa sahreilacM en chancelarity veut y glisser lepapier^ le met à côté ; le papier tombe a terre sans qu 'U s'en aperçowe , Jean-Claude met le pied dessus. ) Là , allons , guide à gauche.

JEA.N-CLA.UDE , le pied sur le papier.

( A part. ) Je le tiens. ( Haut.') Mais ce n'est pas moi qui vous ai conduit.

LA DROGUE , le regardant. C'est égal , toi ou lui . . .

JEAN-CLA.UDa, qui s'est baissé et à pris le papier'. C'est à Harfleur qu' vous allez. . . J' vas vous moHtrer un chemin plus court qui vous y mènera tout droit. . .

( // ouvre la porte du jardin à gauche, ) LADROGUE.

Diaple !.. un chemin couvert , c'est charmant.

JEAN-CLAUDE , à part.

Le jardin est clos de murs , et s'il y entre . . . {Haut. ) Prenez le petit Lois , vous tournez à gauche, puis à droite, puis à gauche', puis vous y êtes .

LADROGUE riant.

Gauche , droite , y m' prend pour un fantassin.

( // lui donne un coup et sort. ) JEAN-CLAUDE seul.

Prenez, gardede tomber. . . Comme il est poli , il fait des révérences i tous ios arl>res. Et d'un. {^11 ferme la porte. )

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