JEAN-CLAUDE, CLOPIN
JEA!S-CLAUDE , occoiirant tout essoujlé.
Nous allons voir.
CLOPIN
Ah ! c'est vous , monsieur Jean-Claude.
JEAN-r.LALDE.
Quoique tu Fais là, au lieu d'être à [es vaches PD'aLord, si elles sont dans notre pré , je te fais payer l'amende.
C LOPIN
Mon dieu, comme vous êtes, au lieu de penser à mes bêtes , vous devriez prendre garde à des animais plus pernicieux qui rodent dans la ferme.
JEAN-CLAUDE
Quoi que tu veux dire .'*
CLOPIN
Oui , ce Bertrand ... en êles-vous bé sûr ?
JEAN-CLAUDE
Ah! mon ami, ne m'en parle point , c'est un coquin . . . mais il va la danser.
CLOPIN
Comment! vous savez déjà?
JEAN-CL\UDE
Tout ; mais j'ai pris mes mesures ; la justice est prévenue : il va être pincé avec tous ses complices , et si tu sais quelque chose et que lu ne veuilles pas être compromis, v'ià le moment de te montrer.
CLOPIN
Si j'en sais , et fameusement , d'abord il ne s'appèle pas Bertrand. . . c'est un nom supposé.
JEAN-CLAUDE , se frottant les maiiis.
Je m'en doutais.
CLOPIN
Il est poursuivi par nne mauvaisse aflaire.
JLAN-CFAUDE.
De plus mieux en plus mieux.
CLOPIN
Ensuite , il est renfermé là avec un espèce de rotomago qui n'parle pas comme un chrétien.
JEAN-CLAUDE
Un étranger ?
CLOPIN
Ca saute aux yeux , il ne parie pas bon français comme vous et mé ; attendez , il dit que c'est un Italien , mais à son accent je croirais plutôt que c'est un anglais ; il dit toujours ya meiner.
JEAN-CLAITDE.
11 dit ya meiner. • . c'est un Anglais, plus de doute. Tout
«î'suile après la bataille de Fontenay . . il y a des Conférences a\ ce un espion anglais ! mon ami, t'es t'un honnête garçon , lu en rempliras les devoirs.
CLOPIN
Dame, oui ^ s'il y a quelque chose à gagner.
JEAN-CLAUDE
Faudra que tu lèves la main.
CLOPIN
J'ia lèverai.
Et que tu jures.
Je jurerai.
JEAN-CLAUDE
CLOPIN
JEAN-CLAUDE
Çà fra un bon petit témoin. . . Quand on les prends jeunes.. . Cours vîle au marché, 11 y a toujours des cavaliers de la maréchaussée . . . Tu leur diras qu il y va du salut de toute la Normandie.
CLOPIN
C'est dit. . . v'ià l'Anglais , je me sauve.
// sort.
JEAN-CLAUDE
C'est l'espion ; il parait joliment conditionné.
SCÈINE XVII.
JEAN-CLAUDE, LADROGUE.
lADHOGUE, à la cantonnade.
Ya meincr . . . Ya meiner. . . ne te montre pas dans les en-
firons.
JEAN-CLAUDE
Comme il a Taccent Anglais.
LADROGUE, un papier à la main , se /mitant les yeux en regardant Jean-Claude.
Allons, liron... c'est inique, comme une pouteilTe de plis ou de moins , vous dérange Tobtique. Vlà mon ordonnance qui est grandie de six puces ! allons , bellc-jamb«, marchons pendant que j'ai chaud.
JE\N-CLAUDE
Comment , marchons , marchez-vous-même.
LADRCXiUE.
Diaple !.. et le mot d'ordre, je pourrais le perdre , je suis étourdi comme un poulet de canon.
jE/fN-CL\rDE , à part.
Le mot d'ordre . . . Oh !
LADROGUE.
{Il ouvre sa sahreilacM en chancelarity veut y glisser lepapier^ le met à côté ; le papier tombe a terre sans qu 'U s'en aperçowe , Jean-Claude met le pied dessus. ) Là , allons , guide à gauche.
JEA.N-CLA.UDE , le pied sur le papier.
( A part. ) Je le tiens. ( Haut.') Mais ce n'est pas moi qui vous ai conduit.
LA DROGUE , le regardant. C'est égal , toi ou lui . . .
JEAN-CLA.UDa, qui s'est baissé et à pris le papier'. C'est à Harfleur qu' vous allez. . . J' vas vous moHtrer un chemin plus court qui vous y mènera tout droit. . .
( // ouvre la porte du jardin à gauche, ) LADROGUE.
Diaple !.. un chemin couvert , c'est charmant.
JEAN-CLAUDE , à part.
Le jardin est clos de murs , et s'il y entre . . . {Haut. ) Prenez le petit Lois , vous tournez à gauche, puis à droite, puis à gauche', puis vous y êtes .
LADROGUE riant.
Gauche , droite , y m' prend pour un fantassin.
( // lui donne un coup et sort. ) JEAN-CLAUDE seul.
Prenez, gardede tomber. . . Comme il est poli , il fait des révérences i tous ios arl>res. Et d'un. {^11 ferme la porte. )