SCÈNE X
LE COMTE, M"■^ PRUDENT, sortant de rappartemeïit à gauche et ayant l'air de parler à un enfant.
Mme. PrLUDE]S'T.
Fauvre petit!... comme il dort bien. . . {se retournant
et apercevant te Comte. ) Ah mon Dieu ! oest mon jeune homme. . . mon bel inconnu !. . .
LE COMTE
Madame Prudent! c'est le ciel qui me l'envoie.
IMmr. PRUDENT.
Qui vous amène ici ?.. .
LE COMTE
Vous le saurez plus tard.. . J'ai besoin de vos services .. et je puis, je crois, compter sur voire discrétion. Mme. PRUDENT.
Comment donc Monsieur. . . vous pouvez être sûr. . . Est-ce que cette jeune et jolie dame serait indisposée?. .. elle avait l'air bien souffrant. . . mais on ne peut pas tout avoir. . . la richesse et la santé.
LE COMTE
Elle se porte très-bien. . . Mais les momens sont précieux.. . qu'il vous suffise de savoir que je suis étranger... je suis Belge. . . Un mariage secret contracté avec une jeune personne que j'adorais, a irrité contre moi une famille puissante... On m'accuse de séduction, de rapt, et je cours risque d'être arrêté.
Mme. PRUDENT.
Serait-il possible ! . . .
LE COMTE
Dans deux heures je pars pour la Belgique. . . .Te vai-< tout avouer à mon père le comte de Holden qui peut seul arranger cette affaire et appaiser les parens de ma femme... Mais je ne peux pas emmener avec moi un «jutant de trois jours. . . et c'est à vous que je veux le confier. Mme. PRUDENT.
A moi , Monsieur!
LE COMTE
Oui, ma chère madame Prudent jusipia mon retour, c'est pour une semaine tout au phis. . . {tut donnant unit bourse), ci croyez que vouï reccvic. ciicoro d'aulres
SCLNE XL 21
marques de ma reconnaissance;... mais il n'y a pas de temps à perdre, ma petite fille est avec un domestique de ' onfiance. . . ici à deux pas dans ma voiture. . . Vous allez la prendre.
IV'in-. PRUDEjNT.
J'y vais à l'instant.. . {Montranl la droite. ) Il y a de rc côté une porte qui donne sur la rue, je fais entrer l'enlant par là. . . Je le place dans cet appartement où personne n'a affaire... et dans une heure je l'emporte chez moi où vous le trouverez à votre retour. LE COMTE.
A merveille... Ah ! encore un mot... La mère désire que son enfant soit baptisé le plus promptement possible, ainsi chargez-vous de tous ces soins là... Chosissez-moi un Parrain. . . qui vous voudrez. . . pourvu que ce soit un honnête homme.. . et que la chose se fasse promptement et sans bruit.
Mnie. PRUDENT.
Soyez tranquille... j'ai quelqu'un qui demeure ici près ,
et que je vais prévenir en descendant. . . le commis de
M. Godard, un excellent garçon... qui vous rendra ce
► service là. . . et dont vous serez content. . . parce que ,
moi, quand je réponds de quelqu'un. ... et du reste, vous
pouvez compter.... que le zèle et la discrétion.... [A
part, en s'en allant. ) Dieu! quelle journée!... un
mariage secret! un enfant que l'on me, confie!... deux
baptêmes ! deux Parrains ! ... et du mystère ! . . . voilà-t-il
de quoi jaser?
( Elle sort en courant. )