SCÈNE XI
Les Précédens , ALI-RAS-RAS , entrant,
ALI-KAS-KAS
Eli! bien , eh! bien , d'où vieui ce bruit?
BOHETZAD.
Ce sont ces deux enfaus qui veulent absolument paraître ^eYO"l Si» Hauiessç,
ALI-KAS-KAS
Devant Sa lïautesse... ào petits drôles... de petits aventuriers. . apprenez que Sa Hautesse ne re<;oil poiul de petits sots tels que vous.
ALADIN , le reç^ardnnt.
Tiens , de petits sots -, de quelle taille les lui faut-il donc?
MASSOUD , de mcme.
Oui , de quelle taille?... mon frère dit : de quelle taille?
BOHETZAD , bas àAlcidin.
Taisez-vous donc , c'est le Visir Aii-kas-kas qui était là occupé, et... que vous venez d'interrompre.
ALADIN
Ali! c'est le grand Visir... c'est bien malheureux.
AI.l-KAS-KAS.
Qui est-ce qui a osé parler?
MASSOUD.
C'est mon frère... il a dit que c'était bien malheureux.
ALI-KAS-KAS
Et de quelle part voudriez-vous parler à Sa lïautesse.
ALADIN
De quelle part?., de la mienne.
Al I-KAS-KAS.
De la vôtre ?
ALADIN
Apparemment... moi je n"ai pas de Visir; et il faut que je fasse mes affaires moi-même.
ALI-KAS-KAS
Par Mahomet! je ne sais si je veille... et que voulez-vous demander au Sultan ?
Sa fille en mariage.
ALT-KAS-KAS
Sa fille en mariage!., la divine Faruck-naz , qui est réservée à mon fils, qui doit me succéder. [Aux gardes). Holà, quelqu'un , que justice soit faite, et qu'on le mette à la porte avec la bastonnade.
( 22 ) ATADIN.
Comment , la basionnade ?
ALI-KAS-KAS
Qu'esl-ce que c'est qu'un petit drôle , comme celui-là? ( // lui lire l' oreille et sort).
SCÈrsE Xil.
Les Mêmes , excepté ALI-KAS-KAS.
ALADlN , se tenant l'oreille.
Ali! la , la , la, en voilà une qui a du maliicur aujourd'hui, (à son frère ). Dis-donc , y esi-elle encore ?
M\SSOUD.
Oui , un peu plus longue que l'autx'e seulement.
ALADlN.
Aupnds , attends, je vais allonger les siennes. ( il frotte sa L:r7;i;>c ). Une paire d'ore'lles d'àne au grand Visir!.. Aussi, c'est ma faute, j'aurais pu d'un seul mot,.. ( ployant les gardes que Dohetzad à mis en bataille, et qui s'avancent pour r arrêter). Qu'on se rende près du Sultan : qu'on lui dise que Fruihassadeur du prince Massoud-Broudoulboudoiir vient demander sa fdle en mariage, et qu'il veut avoir aU' dience sur le champ, [frottant sa Lampe ). Marche...
( Les gardes font voltefoce , et se disposent à sortir). MASSOUD , étonné.
Eh ! mais , vraiment , ils y vont.
ALACIN.
Je le crois bien, et plus vite que cela. ( Ll frolie la lampe j et les gardes qui marchaient lentC" me/il, prennent le pas accéléré ).
EOHETZAD , à yiladin.
.Te me permettrai de faire une observation à Votre llauiesse.
ALADlN.
Ma Ilautesse... à qui parle-l-il ?
.^lASSOUD.
Eli bien ! à toi.
BOHETZAD , lui moiitvant son lialit Je garçon pâtissier qu'il a toujours conservé.
CVst qu'on ne se présente pas devant le Sultiin en pareil costume !
ALADIN
C'est donc pour cela cpie vous n'avez pas voulu me permettre d'entrer toul-à-llieure ?
BOHETZAD.
Certainement.
ALADIN
Fallait donc le dire , si j'avais su qu'il n'y eut pas besoiu d'autre laissez-passer ! Je vais donc nietixe un bel luihii?
( On entend un commencement de marche).
JiOHETZAD.
Vous ne pourrez pas , j'entends venir le cortège du Sultan , et vous avez à peine une minute.
ALADIN
Il ne m'en faut pas tant , à moi , mon valet de chambre... crac.
( Il frotte sa lampe , et se trouve en habit de page trèsélégant j la marche continue toujours ).
EOHETZAD , regardant vers le fond.
Voici sa Hauiesse.
ALADIN , à Massoud.
Sois tranquille'.. Je vais lui faire un beau discours , et avec les gestes... Ah! mon dieu! et ma lampe, je ne peus. pas l'avoir à la main!.. Tiens-la moi un instant, et prends bica garde...
MASSOUD .
Sois donc tranquille... ( A part). Je re sais d'où vient 1 amour qu'il a pour les lampes. ( Les gardes du Sultan commencent à paraître ).
AL4DIN
C'est le Sultan, reste là, à côté , pendant notre conférence j je t'appellerai quand il faudra.
XAiLOiiM , à part j montrant sa tète au milieu du buisson.
C'est limbécille qui la lient, suivons-le : à tout prix , il faut
que je m'en empare. ( // suit Massoud en se glissant derrière les bosquets et les arbres ).