LION
Seulement à quelques camarades ; ceux de ma classe ; mais ils m'ont bien promis d'être discrets ; et puis au collège nous en avions tous.
JENNT.
Comment, vous en aviez?...
LÉON
Oui , nous avions tous des passions.
Air : On dit que je suis sans maliee. Parfois on en négligeait même, Sa Tcrsion on bien son thème.
JENNT.
On TOUS envoyait aux arrêts.
LÉON
£h bien ! galineot je m''y rendais :
A la salle de discipline.
Je m^occupals de ma cousine.
Et je n'ai pas été je croi ,
Ub seul jour sans penser à toi.
JENNY
Ce qui prouve que celle année , vous avez fait de jolies études.
LÉON
Tiens , est-ce que cela empêche ? El la preuve, c'est que j'ai là des vers latins que je t'ai l'ait.
JEIXttT.
Qu'est-ce que c'est, je l'ai fait... Je n'aime pas qu'on nie tuloye, Monsieur, c'était bon quand j'étais petite j mai* il nie semble que maintenant...
LKON.
Eh bien ! que je vous ai fait ! parce que quand on est au moment d'entrer en seconde , et qu'on aime quelqu'un !.. il faut que je vous les montre ; ils ont fait l'admiration de tout le lycée.
JEMNY.
Voyons donc, Monsieur , comment on fait des vers au collège.
LEorr , cherchant dans sa poche.
Attendez... ce n'est pas cela., c'est une (•j)i£;ramme contre
notre Professeur de grec... je les aurai mis d« ce coté ( //
fouille dans Vautre poche et tire une balle. )
JENNY
Une balle I ah çal vous serez donc toujours un enfynt?
LKON.
Dame? au collège, il faut bien s'occuper.?. {Montrant une
•pojipée dans un coin du salon. ^ Vous avez bien une poupée.
JENNV, i>ivement.
Du tout, Monsieur ; c'est à la petite du jardinier.
LÉON
AVi ! Mamzelle ; l'année dernière encore, vous vouliez me faire jouer avec vous , et même...
Voyons vos vers , Monsieur.
■Li.0^^ frappant du pied.
Là! je les aurai laissé dans mon pupitre.
JENNY
Vous avez une si bonne tète.
LKOPf.
Aussi , ma cousine, c'est votre faute, vous m'intimidez.
Air : Ainsi jadis un grand prophète.
Faul-il qu'un etifant me déconcerte,
Et me fasse ainsi perdre l'esprit.
JEîr:<T.
Mais voyez donc quelle grande perte.
Lflos.
Me voilà vraiment tout interdit !
Si pour un amant surnuméraire.
Telle est déjà ma timidité^ Grands Dieux I que devenir et que faire , Si j'obtenais de raclivité.
Aussi, je suis bien bon; avec une petite fille !...
JEWNT.
Une petite fille !
LtON.
Oui. une petile fille, qui e.:it bien lieureuse dem'avoir; car, sans moi, vous n'auriez pas d'amoureux.
JENNY , piquée.
Ab! je n'en aurais pas... elibien ! c'est ce qui vouslrompcj Monsieur; j'en ai un tout nouveau, dbier, au bal champêtre j et un bel officier...
La Petite Sœur. . 5
LÉON , ému.
Comniput, Mademoiselle?...
JENNY
Ecoutez ; Léon; vous ne m'en voudrez pas., moi , ce n'est pas ma faute. 11 élait auprès de la femme du Notaire, mad. Guichard, spii est si coquette; mais, dès qu'il m'a entendu nommer : comment, s'esl-il écrié. Mademoiselle de Rastanges!... Il s'est approché, et puis, il m'a parléde mon père, de ma sœur j combien il désirait être présenté chez nous......
A'ous comprenez ce que cela veut dire.
Air : if^os maris en Palestine.
Depuis Lier de ma mémoire,
Rien ne peut le détacher ,
Mais au moins n'allez pas croire
Que ce soit pour vous fâcher !
Oui , si sa grâce est extiéme ,
Vous êtes fort bien aussi ,
Et j'en conviens, aujourd'hui, ( Avec tendresse. )
Vous seriez celui que j'aime...
LÉO», parlant et vivement.
Serait-il vrai !
JEHNT, finissant l'air.
Si vous étiez comme lui !
LÉON
C'est-à-dire que c'est lui que vous aimez ? Eh bien , mademoiselle , c'est affreux 1 et je le dirai à votre papa ; après ce que nous nous étions promis... d'ailleurs, il viendra peutêtre au château , ce beau Monsieur j si je le rencontre...
JENNY
Léon , je vous prie de ne pas faire d'extravagance.
Oh! nous verrons! je porte aussi l'uniforme, et, entre militaires., une, deux... hein ! qu'est-ce qui vient là ? quel est cft Monsieur en noir?
JENNY, à part.
Je ue me trompe pas , c'est lui-même !.. J'étais bien sûre
î9 qu'il chercherait à me revoir. {Cachant sa tête dans ses mains. ) Ah ! mon Dieu I mon Dieu ! ils vont se battre !