‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 66 sur 228 · LION · texte numérisé non relu

LION

Seulement à quelques camarades ; ceux de ma classe ; mais ils m'ont bien promis d'être discrets ; et puis au collège nous en avions tous.

JENNT.

Comment, vous en aviez?...

LÉON

Oui , nous avions tous des passions.

Air : On dit que je suis sans maliee. Parfois on en négligeait même, Sa Tcrsion on bien son thème.

JENNT.

On TOUS envoyait aux arrêts.

LÉON

£h bien ! galineot je m''y rendais :

A la salle de discipline.

Je m^occupals de ma cousine.

Et je n'ai pas été je croi ,

Ub seul jour sans penser à toi.

JENNY

Ce qui prouve que celle année , vous avez fait de jolies études.

LÉON

Tiens , est-ce que cela empêche ? El la preuve, c'est que j'ai là des vers latins que je t'ai l'ait.

JEIXttT.

Qu'est-ce que c'est, je l'ai fait... Je n'aime pas qu'on nie tuloye, Monsieur, c'était bon quand j'étais petite j mai* il nie semble que maintenant...

LKON.

Eh bien ! que je vous ai fait ! parce que quand on est au moment d'entrer en seconde , et qu'on aime quelqu'un !.. il faut que je vous les montre ; ils ont fait l'admiration de tout le lycée.

JEMNY.

Voyons donc, Monsieur , comment on fait des vers au collège.

LEorr , cherchant dans sa poche.

Attendez... ce n'est pas cela., c'est une (•j)i£;ramme contre

notre Professeur de grec... je les aurai mis d« ce coté ( //

fouille dans Vautre poche et tire une balle. )

JENNY

Une balle I ah çal vous serez donc toujours un enfynt?

LKON.

Dame? au collège, il faut bien s'occuper.?. {Montrant une

•pojipée dans un coin du salon. ^ Vous avez bien une poupée.

JENNV, i>ivement.

Du tout, Monsieur ; c'est à la petite du jardinier.

LÉON

AVi ! Mamzelle ; l'année dernière encore, vous vouliez me faire jouer avec vous , et même...

Voyons vos vers , Monsieur.

■Li.0^^ frappant du pied.

Là! je les aurai laissé dans mon pupitre.

JENNY

Vous avez une si bonne tète.

LKOPf.

Aussi , ma cousine, c'est votre faute, vous m'intimidez.

Air : Ainsi jadis un grand prophète.

Faul-il qu'un etifant me déconcerte,

Et me fasse ainsi perdre l'esprit.

JEîr:<T.

Mais voyez donc quelle grande perte.

Lflos.

Me voilà vraiment tout interdit !

Si pour un amant surnuméraire.

Telle est déjà ma timidité^ Grands Dieux I que devenir et que faire , Si j'obtenais de raclivité.

Aussi, je suis bien bon; avec une petite fille !...

JEWNT.

Une petite fille !

LtON.

Oui. une petile fille, qui e.:it bien lieureuse dem'avoir; car, sans moi, vous n'auriez pas d'amoureux.

JENNY , piquée.

Ab! je n'en aurais pas... elibien ! c'est ce qui vouslrompcj Monsieur; j'en ai un tout nouveau, dbier, au bal champêtre j et un bel officier...

La Petite Sœur. . 5

LÉON , ému.

Comniput, Mademoiselle?...

JENNY

Ecoutez ; Léon; vous ne m'en voudrez pas., moi , ce n'est pas ma faute. 11 élait auprès de la femme du Notaire, mad. Guichard, spii est si coquette; mais, dès qu'il m'a entendu nommer : comment, s'esl-il écrié. Mademoiselle de Rastanges!... Il s'est approché, et puis, il m'a parléde mon père, de ma sœur j combien il désirait être présenté chez nous......

A'ous comprenez ce que cela veut dire.

Air : if^os maris en Palestine.

Depuis Lier de ma mémoire,

Rien ne peut le détacher ,

Mais au moins n'allez pas croire

Que ce soit pour vous fâcher !

Oui , si sa grâce est extiéme ,

Vous êtes fort bien aussi ,

Et j'en conviens, aujourd'hui, ( Avec tendresse. )

Vous seriez celui que j'aime...

LÉO», parlant et vivement.

Serait-il vrai !

JEHNT, finissant l'air.

Si vous étiez comme lui !

LÉON

C'est-à-dire que c'est lui que vous aimez ? Eh bien , mademoiselle , c'est affreux 1 et je le dirai à votre papa ; après ce que nous nous étions promis... d'ailleurs, il viendra peutêtre au château , ce beau Monsieur j si je le rencontre...

JENNY

Léon , je vous prie de ne pas faire d'extravagance.

Oh! nous verrons! je porte aussi l'uniforme, et, entre militaires., une, deux... hein ! qu'est-ce qui vient là ? quel est cft Monsieur en noir?

JENNY, à part.

Je ue me trompe pas , c'est lui-même !.. J'étais bien sûre

î9 qu'il chercherait à me revoir. {Cachant sa tête dans ses mains. ) Ah ! mon Dieu I mon Dieu ! ils vont se battre !

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