SCENE XIII
LÉON, PAULINE , JENNY , LAGUÉRITE , qui se promène devant la porte du cabinet.
PAULINE
Quel parti prendre ?
LÉON, à Jenny.
Qu'allons-nous devenir... Savez- vous ce que vous avez fait, par votre indiscrétion , par voire curiosité ?.. c'est mon meilleur ami.
PAULINE
C'est celui que j'aime que vous allez faire arrêter.
JEN> Y
Celui que vous aimez !... Voiià donc ce secret... et c'est moi qui serai cause de votre malheur et du sien... ma sœur^ me pardonuerez-vous jamais ?
PAULINE
Ca!nie-toi, je ne t'en veux pas... tune pouvais pas prévoir.
JZNNY.
Non , je suis bien coupable... mais je réparerai ma faute.... j'irai, je parlerai à mon père... à M. le Major... et s'ils récistenl à mes prières ^fondant en larmes ) , je ne sais pas ce que je ferai.
LÉON
Allons, Jenny, il ne s'agit pas de pleurer, et vous êtes un enfant.
JENNY
Ah ! je suis un enfant..: ah 1 je suis un enfant...;., eh bien 1 on verra... ^Jonsieur. ( Essuyant ses yeux. ^ Ce n'est pas qu'il n'ait raison; parce qu'au fait, quand )e pleurerai pendant une heure, ça ne m'avancera à rien... et ce n'est pas cela qui nous débarrassera de l'invalide. ( Frappant du pied et marchant avec impatience. ) Mon Dieu! mon Dieul qu'esl-ce que je vais faire ? Je ne irouve aucun moyen. ( Regardant par lafenêtre qui est à la première coulisse. ) Ah mon Dieu ! que "vois-je au bout de l'allée , c'est M. Guichard , le notaire , qui arrive loi-jours en courant... c'est le Ciel qui nous l'envoie... (^Criant etfaisant comme si elle avait peur) Mon Dieu.' {Détournanl la tête.) Il va se blesser... [Regardant.) Non... le voilà par terre... Laguérite ! Laguérite ! le prisonnier qui vient de sauter par la fenêtre...
PAULINE ET LKON.
Grands Dieux ! serait-il vrai ?
Jenny ^ en souriant leurfait signe de la tête que non.
LAGUÉRITE , aprcs s'être approché de la fenêtre, Coiuraent... mille bombes I
JENNY
Oui... vnjs-ui... là ; en bas... ce Monsieur en liabit noir... elen perruque poudrée... ce notaire qui court dans le jurdin...
LAGUtniTE.
Oui , raorbleu ! mais c'est drôle... il se sauve par ici.
3ENNY.
C'est qu'il a perdu la tèle.
LAGUÉRITE.
Heureusement que j'ai encore la mienne.
(// sort en courant.)