‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 82 sur 228 · M. DE KOSTANGES ET LE BARON · texte numérisé non relu

M. DE KOSTANGES ET LE BARON

Comment l'amant préféré.

KERKAVEL.

Eh! parhleu, il n'y a pas de quoi se fâcher, et je vous en félicite au contraire. Savez-vous , mon ami , (|ue ce jeune liomme a fait \\\\ chemin sujicrl.e , qu'il n'a plus (|ue quinze jours à passer en prison et qu'après cela il sera fait Contre- Amiral.

TOUS

Contre- Amiral..

XERKAAEL.

Eli oui sans doute; c'est ainsi que l'a (lécidé le Minisire; trois mois d'arrêts pour punir son insubordination , et le grade de Contre-Amiral pour récompenser iOn mérite.

Mon beau-frère, Contre-Amiral I

LLON, à Adolphe.

Diles-donc , vous me ferez enseigne , n'est-ce pas? v«u« savez que je manœuvre joliment.

LE BABOIf.

Comment... mille bombes il serait vrai.

KEnKAVEL.

Oui, mon clier : comprenez-vous enfin !...

LE BAROtf.

A merveille... excepté que c'est moi qui ai le grade et qu« c'est mon neveu qui a eu les arrêts.

KEIIKAVEL.

Comment, il serait possible...

ADOLPHE

Quoi , mon oncle , c'est pour vous que j'ai été arrêté.

LE BARON

Oui , mon Adolphe ; oui mon pauvre garçon... lu as pris ma place en prison. (^Pieijardant Pauline. ) Il est vrai que tu l'avais déjà prise autre part, ce qui établit ui.ie sorte de conspensation... mais ce qui n'empêche pas que je ne sois ton débiteur.

GriGHARD , Se lei-ant , le papier à la main. Messieurs tout est fini... et je dis ce n'est pas sans peine..

JENNV.

Eh bien , vous aviez raison , M. Guicliard ; voilàîun contrat qui ne se fera pas d'aujourd'hui , car il faut le recommencer..

GL-ICHiRD.

Comment le recommencer !...

Eh oui; demandez plutôt?... n'esl-ce pas mon papa , que vous voulez bien que M. Guichard en lasse un aulre.

LE BAROif , prenant la main de lîostanges.

Eh ! sans doute , il le faut bien... à condition qu'il y joindra une belle et bonne donation de cinquante mille écus à nioa ueveu et à ma nièce.

jENNY , à Pauline et Adolphe'

Qu'est-ce que je vous avais promis !

ADOLPHE

Ah ! mou oncle !...

LE BARON

Je te dois ça mon ami... c'est le prix de ma rançon ; mais mon trimestre n'est pas acquitté ; j'ai encore quinze jours de prison.

LAOuÉBiTE, au Baron.

Si Monsieur voulait je les lui ferais au même prix.

LE BAROIT.

Non , non , il est des circonstances oîi il faut enfin payer de sa personne... je vous suis mon cher Major ; mais j'espère que vous viendrez me voir en prison ; que nous ferons des piquets.

KERKAVEL.

Je vous le promets, M. l'Amiral.

LE BARON

Quant à toi Jenny , qui nous a fait enrager aujourd'hui; prends bien garde... il se pourra bien que dans cinq ou six ans, jk me venge sur toi ;'

Je ne vous le conseille pas mon oncle ; voilà Léon qui pourrait encore prendre votre place !

VAUDEVILLE

Air : La ville est bien, V air est très-pur.

( Du Colouel. )

Enfin , tout le monde est content.

Je vois heureux tout ce que j'aime, Pourtant, je ne suis qu'un enfant ; Tantôt vous le disiez vous-mêmt.

Ah! combien je suis fière aussi , Grâce enfin, grâce à ma petite équipée. De vous avoir fait aujourd'hui , Jouer eucor à la poupée,

M. DE ROSTAXGES.

Tous ces biens, objets de nos vœux, E t qui sont les mépris du sage, Seul plus utiles à ses yeux Que les honheis du premier âge; Que nous polio ns ûers et coniens, L e sceptre, la lyre ou l'épée; Nous sommes toujour* des eiifans , Nous ne changeons que de poupée.

Quoique le fait soit étonnant.

Je conçois bien , sur ma parole, Qu'en ces lieux un jouet d'enfant , Comme un autre ait rempli ioq rôle.

Le hasard règle nos destins, Et dans des places usurpées.

J'ai déjà vu tant de pantius , Qu'on peut bien y voir des poupées.

Ou est libre, heureux et garçon.

On a vingt mille écus de rente; £t dans quelque bonne maison Ou prend une femme charmaolt,

Jeune, brillante, et coetera, De les attraits , de sa toilette occupée: On veut une épouse, et voilà Quu l'on achète une poupée.

M. CUlCIIARD,

On m'a tu dans mes jeunes ans.

Faire la cour aux Demoiselles , £t j'enflammais toutes les belles.

Je ne suis plus dans mon printemps, Je ne trouve que des cruelles.

Parfois j'offre rncor mon encens, Mais mon attente est bien trompée, Pauvre Guichattl ! ah! l'heureux temps, Où tu jouais à la poupée.

JENNT, au Public.

DeTant vous , en tremblant, je Tien

( Montrant sa poupée. )

Vous présenter Mademoiselle, "Vojez qu'elle est jolie. . eh bien, Elle est encor plus casuelle.

Je tiens beaucoup à mes joujoux ; Et de teneur, oui , de terreur je suis frappée i En pensant que votre courrons Peut faire tomber ma poupée.

FIN

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