‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 99 sur 228 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

AGLAÉ, puis JULIENNE.

AGLAÉ

Je ne sais où j'en suis... être trompée à ce point-là, et par lui , par Julienne en qui j'avais tant de coiifiaace. {Apei-ce'^ant Julienne.) Ah ! vous voilà , mademoiselle.

JULIENNE

Oui, qu'c'est moi., dites donc , cela va joliment Lien ; je ne sais pas comment M. de Gélicour s'y est pris; mais voilà l'autre monsieur Pichard qui est parti, et puis a il imaginé cela de manière que maintenant cette dame est pour nous, et puis il est là , dans l'allée des marronniers, occupé à gagner votre oncle, et il en viendra à ijout, j'en suis sûre, mais a-t-il de l'esprit ! en a-t-il ?..

AGLAÉ , sèchement-

Cela suffit, allez trouver l'intendant, demandez lui votre compte, et partez.

JULIENNE, pleurant.

Comment , nrademoiselle , est-ce que c'est possible? vous me renvoyez,, on donne au moins des raisons.

AGLAÉ

Avouez-moi que le jeune homme que vous na'avez présenté ce matin, nest pas M. de Gélicour.

jULiExr;E.

Mais, mademoiselle,.

AGLAÉ, 'vii€7nent.

Convenez que sa dlftbrmité , ses défauts , sont réels.

JULIENNE

Quoi ! mademoiselle vous voulez qu'il soit bossu.

ACLAÉ.

Oui je le veux, je l'exige , votre grâce esl à ce pril.., Eli Lien ca concevez-vous eulifi.

Dam'!., .^i ra peut vous faire plaisir. {^ pari.) Dieu!., ^uei drôle de goût clic a.

AGLAÉ

Air :

Mais pourquoi donc vous taire ?

Pourquoi vous obstiner A caciier e mystère Que j'ai su deviner.

JULIENNE

Pardon d'nion ij^norauce, J'vous l'aurais iiit di j i , Si j'avais su avivante, Qa'vous les aimiez comme ç'd.

jLGtXÉ.

On rient, tais toi,

scÈ^E XVIII.

Us MâMEs, M. DE PUNVILLE, CÉLIGOim.

cÉLicouB , à M. de Plinville.

Oui, monsieur, je vous atteste que votre rigueur ferait deux, malheureux, c'est l'exacte vérité, et je ne m'en fais pas accroire.

M. DE PLI?«VILLE

J'avoue que l'assurance que vous m'en donnez ne suffit pas pour me persuader, je vous demanderai la permission d'interroger ma nièce, et de m'en rapporter à elle.

c^LicouR , à A()laé.

C'est aussi ce que je demande ; ainsi , Mademoiselle , parlez , je vous en conjure. ^A Pliin'ille. ) Vous voyez que je ne crains pas la vérité. (^A Ajlaé.) Déclarez-là bien nettement, bien positivement

XCLA.É.

Vous m'avez donné l'exemple de la franchise , Monsieur, et je le siiivr.«i. .le vous déclare donc bien positivement que •e ne vous aime pas, et que je ne vous aimerai jamais.

cÉLicoUR , Stupéfait.

Comment, que tlites-YOus là? {^Bas avec sa voix nutu — telle. ) Mais vous vous trompez.

JULIENNE

La. . . voilà qu'elle n'en veut plus à présent..

M. DE PLINVILLL.

Je savais bien aussi qu'avec un pareil physique.

CÉLICOCR.

Je vous demande. Monsieur, d'où cela peut venir.

M. DE PtINVILLE,

Doii cela peut venir? eh parbleu, regardez-vous.

célicopr.

Eh 1 il s'agit bien de cela , qu'est-ce que cela fait?

M. DE PLIN VILLE

Ce que cela fait? vous allez voir qne peu importe à une jeune personne d'épouser un mari difforme.

CÉLICOUR , impatienté.

Difforme... difforme... je ne le suis pas plus que vous.

M. DE PLIJJVILLE.

Eh bien , par exemple a-t-il de l'amour propre ? Monsieur , je n'ai pas de prétentions à la taille ; mais enfin tout le monde peut juger entre nous.

CÉLICOUR.

Eh ! Monsieur, ce a'est pas cette raison qui détermine Mademoiselle.

ACLAÉ,,

Si vraiment ; il n'y en a pas d autre^

CÉLICOUR , bas à Acjlaé.

Vous plaisantez sans doute , vous qui connaisseK la.mérité.

AGLAÉ

Oui, IMonsiéur, je la connais, et je sais q^ue vous êteâ=

séeliemeut ce qiie vous feignez d'être..

CKLICOtTR.

Par cxeninle... et Julienne peut vous attester. . .

aglaé.

Julienne rlle-même en est convenue.

CKLICOUn.

Commeut ! . . .

JULIENNE

Oui , Monsieur, j'ai dit que vous e'tirz bossu : il Va fallu, et je ne vous conseille pas de soutenir que vous êtes bel honuae, ou n'en veut plus ici.

célicour.

Je n'y conçois plus rien.

AGLAÉ

B-icn n'est plus simple : et il est impossible de s'expliquer plus francliejnent, s'il est vrai que tout cela ne soit qu'une ruse ; si vous pouvez nous prouver que vous n'êtes pas bossu, je consens à vous épouser.

cÉlicour , <voiilant oter sa redinr/otte. Parbleu , si ce n'est que cela.

M. DE PLINMLLE , V arrêtant.

Qu'est-ce que j 'a i)prends-là ? une ruse , un déguisement. . . un inslant ! si Monsieur n'est pas bossu je retire ma parole.

AGLAÉ

Qu'il s'arrange comme il voudra; mais s'il l'est je n'en veux pas.

M. DE PLINVILLE.

Et s'il ne l'est pas, je le refuse.

CÉLICOUR.

C'est cela^ impossible d'en sortir à préisent.

JULIENNE

Dam' , enteodez-vous , il faut cependant qu'il soit quelque

chose.

CLLICOUR.

Je vois qu'il y a pour moi un égal danger à jjarlcr , ou à me taire , qu'importe doue qui je sois ! ne sonj^ezplus à ma

personne , no voyez que les senti mens qui m'ont fait agir ; ef. puisque tous deux vous voulez coninitrc la vérilé, apprenez qu'il n'y a de vrai , qu'il n'v a dcriifl [à A(]laé. ) que l'aniour que j'ai pour vous. [A M- de PUmnlle.) que le désir que j'avais de vous plaire, de mérifer votre estime, et lanaaia dcVotre nièce , il y a dfîvrai surtout , tnon étourderie, ma présoniptiou qui ne m'ont jamais abandonné, et qui dans cemonientméme me font espérer encore que vous ne serez point inexorable, et que vous daignerez pardonner des fautes que 1 amour seul m'a fait commettre. (// sejeU9 aux pieds d'Ajlaé. )

m I EN NE.

Par exemple, mademoiselle, si vous y résistez.

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