II. — La Nouvelle-Calédonie et dépendances
La pêche. — La colonisation agricole: ses erreurs; ses tâtonnements; ses crises. Son développement actuel. — Les ressources minières : nickel, chrome et cobalt.
Le commerce : la prépondérance étrangère (australienne). — Les voies de communication. — La population et les villes : Nouméa. Le problème de la main-d'œuvre. — La question des Nouvelles-Hébrides.
Les possessions françaises dans le Pacifique forment deux groupes dislîncls' :
1. 11 n'y a pas lieu de Iciiir compte de l'Hot de Clippcrtoiit très isole cl inhabile,
aOO LA MISE EN VALEUR
i" en Polynésie, ce sont les archipels des Marquises, des Tuamolu, de la Société, des Gambier, des Tubuaï, dont l'ensemble a reçu le nom général d' « Etablissements français de rOcéanie » ;
2*» en Mélanésie, c'est l'archipel de la Nouvelle-Calédonie et dépendances, auquel il conviendrait de rattacher les Nouvelles- Hébrides *.
Disséminés sur une étendue de 600 lieues de long sur 5oo de large, c'est-à-dire sur un espace grand quatre fois comme la France, les archipels de la Polynésie française' couvrent une surface totale d'environ 4 000 kilomètres carrés ; soit un peu moins de la moitié de la Corse. L'île la plus grande, Tahiti (i 0^2 kilomètres carrés), du groupe de la Société, n'égale pas le huitième de l'île méditerranéenne ; — dans le même archipel, l'ensemble des îles Sous le Vent (485 kilomètres carrés) ; dans les Marquises, Nuku-Hiva ou Nuka-Hiva (482 kilomètres carrés) et Hiva-Oa (4oo kilomètres carrés), correspondent, à peu près, au département de la Seine (482 kilomètres carrés) ; — parmi les îles Sous le Vent, Raiatea (194 kilomètres carrés)
près de la côte américaine. Sur cet îlot Glippcrton, voir Deschanel, Intérêts français, p. 359.
I. C'est le décret du i.^ juillet 1860 qui a établi cette division dans nos colonies du Pacifique. Jusque-là toutes nos possessions étaient englobées sous la dénomination d' « Établissements français de l'Océanie ».
a. Les ouvrages, souvent cités, de Vincendon-Dumoulin et de Deschanel (^La politique française,.. ; Les intérêts français...) abondent en renseignements économiques sur la mise en valeur de nos archipels polynésiens. Mais ils sont déjà bien anciens. Il faut les compléter par les travaux plus récents, et déjà cités également, de Lemasson, Les établissements français de VOcéanie^ Notices historiques, géographiques et économiques [Papecte, 1899]; et de Huguenin, Raiatea la Sacrée, in Bulletin de la Société Ncuchâteloise de ^éo^rap/i/e, XIV (1902-1903), p. i-a46.
Sauf indication contraire, les chiffres cités sont empruntés aux statistiques officielles, publiées par le Ministère des Colonies.
Établissements français de l'Oceanie.
(Carte de l'archipel de la Société et des Marquises.)
D'après P. Pelet, Atlas des colonies françaises [Paris, 1903], pi. 26.
N. B. — Pour les autres archipels (Tuaniotii, Gambier, Tubuai) voir la carte générale placée à là fin de ce volume, hors texte.
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et Tahaa (82 kilomètres carrés) sont, respectivement, un peu plus grandes que les lies d'Oléron (172 kilomètres carrés) et de Ré (73 kilomètres carrés) \ — La superficie des îles coralliennes qui constituent Tarchipel des Tuamotu, ou des îlots rocheux qui forment les groupes des Gambier et des Tubuaï, est encore plus petite. Aux Tuamotu, en particulier, si quelques atolls ont parfois 60 à 80 kilomètres de long, la largeur est toujours étroite, variant entre 100 et 800 mètres *.
Considérés au point de vue économique, les Etablissements français de TOcéanie présentent une valeur assez réduite, et fort inégale, suivant l'origine volcanique ou corallienne des archipels. Ils n'offrent, en effet, d'autres ressources que la pêche et Tagriculture ; celle-là, plus abondante dans les atolls; celle-ci, possible seulement sur les îles volcaniques.
Au premier rang des produits de la pèche, il faut citer la nacre et les perles ^. La France possède en Océanie les plus vastes pêcheries de nacre du monde \ Cette nacre provient d'un mollusque bivalve, la méléagrine (Meleagrina margaritifera), qui, sous certaines conditions, est susceptible de donner des perles \ Les bancs de méléagrines sont très nombreux dans les deux archipels des Tuamotu et des Gambier. On en trouve aussi autour de Tahiti, Moorea, Iluahine, Raiatea, Borabora, Scilly ; mais si la qualité de cette nacre est assez belle, la quantité en est tout à fait négligeable**, sauf peut-être à Scilly.
Les conditions auxquelles est soumise, aujourd'hui, la pêche