A. Bbknahd, op. cit., p
5. Sur ces constructions mégalithiques, voir, en particulier, de Quatrefages, Hommes fossiles..., p. aS.^ et sq. ; Basslek, Sildsee liilder [Berlin, iSgôj, p. 3i3 et bi\. ; Hastian, The (Caroline Islands, chap. v, vi et vu ; Bakclay, Mission ù Vile de Pâques, in Comptes rendus de la Société de géographie de Paris, 1899, p. 169-1 76; et les travaux de Tautain, Akchambault, Thomson, in L'Anthropologie, 1897, p. 538 et 667; 1901, p. 356; 1902, p. 689; 1903, p. 352.
LES POPULATIONS INDIGENES
difficile à concilier avec la superficie très réduite des archipels où on les rencontre et Tignorance actuelle des indigènes, milite, ^ dit-on, en faveur de Texistence d'anciennes terres plus vastes, habitées par des populat i o n s plus nombreuses et plus civilisées. Mais il est plus simple, et partant plus vraisemblable, d'admettre que des afTaissements
Un tkilitiie a Tonga-tabou.
(Extrait de Les Missions au xix* sihclt\ t. IV, Océaiiie.)
[A. Colin, édil.]
Ce irilithe, dit le P. Piolet, op. cil.^ IV, p. 127, mesure 5 mètres de hauteur sur plus de 9 mètres de largeur. Il est en outre construit en une pierre inconnue dans l'île.
partiels ont pu se produire — tels qu'on en a noté, du reste, sur plusieurs points — réduisant notablement la superficie et la population de ces îles^ ; ou que les habitants actuels sont des conquérants inférieurs en civilisation à leurs vaincus, qu'ils ont exterminés sans rien apprendre d'eux.
On ne saurait d'ailleurs s'arrêter davantage au problème du peuplement de TOcéanie, sans dépasser le cadre de cette étude d'économie coloniale. Gomme pour la flore et la faune, il importe beaucoup moins, en effet, de connaître l'origine des populations océaniennes que de préciser dans quelle mesure elles peuvent être un élément de succès pour les entreprises
1. Ainsi, à l'Ile de Pâques; cf. Barclay, art. ciléy p. 176. Part, de l'Océanie.
66 CONDITIOT^S GÈOGRAPIIIQtFS DE LA VIE HUMAÏNE EN OCEAME
coloniales ; en d'aulres termes, ce sont surtout les formes de leur activité économique qu'il convient d'examiner*.
Le premier et le plus impérieux des besoins de Tliomme étant le besoin (( alimentaire », c'est, par suite, la recherche de la nourriture qui constitue la première forme de l'activité économique des Océaniens.
Les ressources que leur offre, d'abord, l'agriculture sont de valeur très inégale suivant les archipels.
Le sol maigre et le plus souvent très sec des îles coralliennes y rend la culture particulièrement difficile. Les indigènes qui habitent ces îles ne vivent le plus souvent que de poissons et de noix de coco. Cependant dans quelques-unes des Tuamotu, des EUice, des Gilbert, des Marshall et même des Palaos et des Mariannes, ils ont réussi à créer une terre végétale: ils entassent dans des fossés, creusés parfois à 4 mètres de profondeur, des feuilles de cocotiers ou d'autres plantes mêlées au sable, et ainsi, suivant un processus dont la Nature nous met l'exemple sous les yeux ^ il se forme une sorte d'humus où le taro pousse relativement très bien.
Sur les îles volcaniques et continentales, fertiles et bien arrosées, on trouve un second mode de culture, bien supérieur au précédent : c'est la culture extensive, qui consiste à changer perpétuellement de terrains de culture \ Ce procédé, qui n'est
I. Voir, à ce sujet, une bonne élude do Fkiedel, Beiirâye zar Kennlniss der Wirtschaftsformen dcr 0:oanier, in Peté'rnwnns Mitt., iQoS, p. I23 <»l sq., aôgelsq.
a. Supra, p. ^|5.
3. K. Hahn a proposé d'appeler ce mode decuIUire Ifavkbau, c'est-à-dire culture à la houe, du nom de Tinstrumcnt principal, pour ne pas dire unique, dont elle se sert, et de réserver le nom de Ackerbau, c'est-à-dire culture au labour, pour l'agriculture véritable avec animaux de trait. — E. Hahn, Die Haustlere und ihre Bezie ~ hungen zur Wirlschaft des Menschen [Leipzig, 1896J, p. 33.
possible qu*avec une faible densité de population, est pratiqué en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Guinée, aux Carolines, dans Farchipel Bismarck, aux Salomon, aux Santa-Cruz, aux Samoa, dans Tarchipel de la Société et dans les lies Tubuaï.
Dans quelques-unes de ces îles, particulièrement riches, aux Carolines, à Tahiti, aux Samoa, dans la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, les indigènes se contentent de recueilhr, sans le moindre effort, les fruits de Tarbre à pain ou du sagoutier, que produit en abondance un sol généreux \ Ailleurs, ils travaillent un peu plus et témoignent même d*ap titudes agricoles tout à fait remarquables. Ainsi, en Nouvelle- Guinée, du moins dans la partie orientale, les indigènes font subir au sol une préparation préalable. Ils défrichent d*abord au moyen de TincendieS et ils suppléent eux-mêmes à l'absence d'animaux domestiques ^ pour le labourage : une série d'hommes rangés en ligne enfoncent chacun en terre deux bâtons pointus dont ils appuient l'autre extrémité sur leurs épaules, puis, se servant de ces bâtons comme de leviers, ils soulèvent simultanément la couche de terre et avancent en creusant un sillon*. Sur ce sol ainsi préparé parles hommes, les femmes plantent des bananiers, qui constituent la base de Talimentation indigène ; entre les rangs des bananiers, elles intercalent des taros, qui fournissent la principale nourriture pendant la saison des pluies, tandis que l'igname est plutôt la culture de la saison sèche ; souvent, après les récoltes de taros on plante des patates, sans parler des autres produits également cultivés : canne à sucre, arbre à pain, manguier, etc. ^
Tous les archipels d'origine volcanique ou continentale