VlHCENDON-DuMOULIW, Op. Cit., p. QS^» n. I
l4o LE PARTAGE POLITIQUE
taine Hobson, nommé lieutenant-gouverneur, des instructions très précises. Il devait se rendre en Nouvelle-Zélande, traiter avec les chefs de l'île pour obtenir d'eux la cession régulière de leur archipel et proclamer la souveraineté de l'Angleterre.
Hobson partit de Port-Jackson au début de i84o et obtint suceoBsivement la cession de Tîle du Nord (6 février) et de l'île du Sud (21 mai-17 juin). Sur ces entrefaites, arrivait un navire français commandé par le capitaine Lavaud et dont l'envoi avait été demandé au gouvernement de Louis-Philippe par un autre capitaine, Langlois : celui-ci s'était déjà fait céder par les chefs maoris la presqu'île de Banks avec la plus grande partie du port d'Akaroa (2 août i838) et il rêvait d'établir sur tout le pays la domination de la France. Malheureusement, Lavaud arrivait trop tard. Lorsqu'il jeta l'ancre à la Baie des Iles, le 19 juillet i84o, il vit flotter sur le rivage le drapeau anglais, et il apprit — c'est lui-même qui l'écrivit au ministre des Affaires étrangères — « la prise de possession, au nom de la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, des trois îles composant le groupe connu sous le nom de la Nouvelle- Zélande \ ))
I . Telle fut du moins la thèse officielle présentée à la tribune de la Chambre des députes par Guizot, alors ministre des Affaires étrangères (^Moniteur, 39 mai i844)- Les déclarations de Guizot appuyées sur de nombreux textes diplomatiques dont rauthenticilé ne parait pas contestable font donc justice de la légende qui veut que la Nouvelle-Zélande nous ait été « escamotée », par suite d'une imprudence de langage dont Lavaud se serait rendu coupable devant Hobson, « dans la chaleur communicative de quelque diner. » (Dubois et Terriek, op. cit,, p. igS; Sibgfbikd, op. cit., p. 19.