III. — Les progrès du partage dans le reste du Pacifique
L'Angleterre et la lutte contre les Maoris de Nouvelle-Zélande. — La France aux Marquises et en Nouvelle-Calédonie. — Les ambitions américaines et allemandes.
Si la présence simultanée, sur les mêmes archipels océaniens, de missionnaires de confessions différentes, a provoqué, dans une très large mesure, des conflits politiques, elle n'en a cependant pas été Tunique cause. Ces conflits s'expliquent encore par un désir d'expansion coloniale, à peine sensible auparavant, mais qui, à partir de ce moment, commence à se manifester avec force chez les trois nations qui ont déjà envoyé des missions dans le Pacifique.
Sans doute, il est exagère de prétendre que la France a, dès -cette époque, « un système parfaitement défini de colonisation y>^ : il n'en reste pas moins évident qu'elle cherche, alors, à étendre au loin son influence. A Madagascar, elle obtient de la reine de Nossi-Bé et de Nossi-Cumba tous les droits de souveraineté que celle-ci tient de ses ancêtres « tant sur ces îles que sur la •côte depuis la baie de Passandava jusqu'au cap Saint-Vincent » (i84i). Lamemeannée, elleannexe\ossi-Mitsiou, et, deux ans plus tard, Mayotte*. Elle envoie dans les mers de Chine une €scadre imposante, à la suite de la guerre anglo-chinoise, dite de ropium (i84o-i842)'. Enfin, dans le Pacifique où, depuis quelque temps déjà, a des esprits très graves, très judicieux » *, •demandaient avec insistance que la France créât des établissements, on songeait à s'installer en Nouvelle-Zélande et même sur le détroit de Magellan « signalé comme un des points les plus propres à recevoir une colonie susceptible d'un rapide accroissement ^ »
En Angleterre, l'arrivée des wliigs au pouvoir semble marquer, au contraire, un recul de la politique coloniale anglaise*. C'est à la fois un désir de renoncer à toute expansion, sous prétexte que raccroissement de l'empire constitue un embarras sans compensation aucune, et une tendance à pousser les colonies déjà existantes dans la voie de Tautonomie, de façon qu'elles se détachent de la métropole « comme les fruits mûrs se détachent de l'arbre. » En fait, cependant, tant s'en faut que