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ANNEXE IV

Extraits du discours pkoxOiNCÉ a Lourdes, le Jel'di 20 Avril i9oi, par le P. Coubé, et

PUBLIÉ PAR LA « G.'ZETIE DE FrANCE », LE 3 MAI I9OI.

M'esseigneurs, Messieurs,

L'heure n'est pas aux longs discours. Elle est aux actes.

La consécration solennneile de la France au Sacrécœur de Jésus et à la Très Sainte Vierge, c'est l'acte que le ciel attend de vous, en ce jour, et ce sera, je l'espère, le point de départ d'une série d'œuvres viriles et fécondes pour le salut de notre pays.

Vous éles venus, en effet, à la face de la France qui suit avec émotion tous vos actes, vous êtes venus proclamer bien haut que vous voulez choisir Notre-Seigneur Jésus-Christ pour voire capitaine, et que vous voulez être désormais ses soldats, ainsi que saint Paul vous le demande : Lahora sicut bonus miles Christi.

C'est donc une cérémonie essentiellement martiale qui va s'accomplir, une prestation de serment militaire entre les mains du Koi des Rois» l'entrée en campagne

d'une immense armée calholique et ma parole n'est que le coup de clairon qui l'annonce...

Entre le cœur de Jésus et le cœur de la France il y a un pacte sacré.

Le Christ s'est toujours montré, comme disaient m s Pères, bon Français! Oui, bon Français à Tolbiac ; bon Français à Patay; bon français à Paray-le-Monial où il nous a montré son Sacré-Cœur ; bon Français à Lour des, où il a envoyé sa Mère, la Vierge Immaculée, nous inviter à la pénitence par ses paroles, à l'espérance par ses sourires î...

Puisque le pacte d'amour a été brisé par la Révolution il nous faut le renouveler en ce jour. Jadis lorsaiiles Leudes voulaient proclamer un nouveau roi, ils le hissaient sur un pavois et le promenaient à travers la foule en criant : Noël! Noël !...

Ce serment d'amour au Christ qui aime les Fi-ancs, il en est parmi vous, messieurs, qui le prêteront, sinon avec plus de cœur, du moins avec un accent plus martial que les autres : ce sont les anciens soldats qui ont bien mérité de la France.

J'en vois ici plusieurs et des plus illustres. Je i«connais aussi avec joie ceux que l'on retrouve Unijours sur le chemin de l'honneur : ces zouaves qui montrèrent à Patay que leurs épées ne s'étaient pas émoussées au service de l'Eglise et qu'elles pouvaient encore lancer des éclairs, et Grand Dieu ! quels éclairs! au service de la France, et je salue d'ici leur bannière sacrée où je baise la trace du sang de leurs aînés et où j'adore le cœur de mon Dieu.

Eh bien, généraux et amiraux qui m'écoulez, officiers, sous-officiers et soldats de France et vous.

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zouaves de Patay, n'est-il pas vrai que vous aimez .lésuB-Christ, d'un immortel amour, et que vous ne craindrez pas, s'il le faut, de verser pour lui votre sang sur le champ de bataille de I'action catholique, comme vous l'avez déjà versé sur les champs de bataille où gronde le canon ?

N'est-ce pas que vous êtes prêts à partir, comme vos pères, pour une nouvelle croisade, en criant : « Dieu Je veut et la France le veut ! n

Mais pourquoi saluer une élite? Est-ce que nous n3 sommes pas tous ici soldats sous la bannière du Christ ? Eh bien ! soldats, en avant, à 1; conquête de la liberté ! Est ce que, au beau pays de France, la liberté n'appartiendrait qu'aux mécréants et aux malfaiteurs"? (Non ! non !)

Kst-ce que les catholiques se résigneront plus longtenijis à n'être que des parias dans leur vieille et sainte patrie ? {Non ! non !)

l'ist-ce que ce n'est pas intolérable cela ? {Oui ! oui !)

I']st-ce que vous l'endurerez davantage ? {Non ! tioti !)

l'-st-ce que vous ne sentez pas un vent de liberté qui souffle de ces montagnes, vous fouette au visage et va demain faire tressaillir le pays ? {Applaudissements frénétiques.)

Si vous ne sentiez pas cela, messieurs, je vous dirais innlhenr à vous ! malheur à la France ! Mallieur à vous et malheur à la France si vous ne compreniez pas ([ue l'heure n'est pas seulement à la parole, ni à la prière ; mais qu'elle est à l'action. Catholiques de Fiance! réveillez-vous I

Xous avons assez de l'Église dormante,' faites revivre l'Eglise militante. {Suives d'applaudissements.)

Ce pèlerinage ne serait rien, ne produirait rien, il ne serait qu'un geste banal, si, au bout de ce geste, on ne voyait luire un glaive ? Quel sera ce glaive V

Celui-là même qui remet eûtre nos mains la Constitution de notre pays, celte Constitution dont nous sommes, selon le désir de Léon XIII, les observateurs très soumis. C'est le glaive électoral, qui sépare les bons des méchants. La Constitulion nous donne le droit de nous en servir: la religion nous en fait un devoir. Bientôt la bataille va s'engager. Eh bien ! sachez-le, il n'y aura à présenter, aux élections prochaines, d'un bout il l'autre du territoire que deux can didats : Jésus-Christ et Barabbas, Jésus-Christ dans la personne des chrétiens, ou, à leur défaut, des partisans de la liberté chrétienne ; et Barabbas sous différents noms : Barabbas, l'anliclérical ; Barabbas, le franc-maçon ; Barabbas, le révolutionnaire; Barabbas, l'anarchiste; Barabbas, le communard! Allez-vous voter pour Barabbas V

Non, n'est-ce pas, mille fois non ! Ce serait sanctionner les lois impies qui bientôt crucifleraient le Sauveur. Non, vous ae le crucifierez pas vou s-mèn.ies ce Roi bien aimé, et vous ne le laisserez pas crucifier par les autres. On vous le présentera revêtu delà pourpre d ironie dont l'aiïubla Pilate. Mais vous l'en délivrerez et vous jeterez sur ses épaules le manteau de la souveraineté législative de la France. Emportez d'ici un programme électoral et qu'il tienne tout entier dans ce mot : « Nous voterons pour N. S. Jésus-Christ, et nous le ferons passer, et nous le ferons triompher ! » Vous voulez le faire Roi, messieurs, faites-en d'abord un législateur.

A la bataille sous l'égide de saint Michel! C'est l'aage gardien de la patrie, c'est l'ennenii de la Révo

lution. Il l'a vaincue au ciel dans la personne du premier des révolutionnaires, de celui qu'on oublie de nommer quand on parle des grands ancêtres, le grand ancêtre Satan ! En avant donc avec saint Michel contre la Révolution !

A la bataille sous la protection de Marie. Elle n'est pas seulement la Vierge des cloîtres et du silence, elle est aussi la Vierge guerrière,, Elle priera pour nous sur cette montagne, mais à la condition que nous luttions vaillamment dans la plaine.

A la bataille sous le labarum du Sacré-Cœur. Un labarum n'est pas un signe de paix, mais un signe de guerre. Donc, luttons ! c'est un signe de victoire. Donc, espérons! ...

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