DU GOUVERNEMENT DE LA SOUIÊTÉ
L'animal le plus difficile à conduire c'est l’animal raisonnable, c’est l’homme: et il l’est davantage quaad il fait partie d’une collectivité. C’est donc une très lourde tâche que Dieu a imposée à la société quand il l’a condamnée à se gouverner elle-même.
Pourtant, l’homme est jait pour vivre en société. La phüssophie nous l’a enseigné cc l’histoire du monde, d’ailleurs, nous a démontré, d’une façon indiscutable, l’existence de ce principe de droit naturel. Mais qui dit société ne dit pas nécessairement accord. C’est le privilège des êtres raisonnables de penser, de raisonner, de juger de façons différentes. C’est ce qui explique pourquoi les peuples n’ont jamais pu résoudre, à la satisfaction de tout le monde, le grand problème de se gouverner.
Cette constatation ne devrait Päs nous étonner. L'homme entre et vit dans la société vec ses in perfections, ses défeuts, ses préjugés et ses ps.‘ns. Ie principa de l'égalité abstraite de tous les hommes se heurte constamment aux inégalités réelles des individus. Les degres de supériorité physique, intellectuelle ou morale, la force, les ambitions, les ricnesses, les besoins, les souffrances et toutes les misères que traîne après elle 1’humanité, sont autant d’obsiacles qui rendent impossible l’unive d’opinion et de sentiment. Ÿ
Égoïste par tempérament, l’homme prend volontiers tous les avantages qui découlent de son association avec ses semblables, mais ce n’est qu'avec une certaine répugnance que sa nature accepte les nombreux sacrifices qu’impose à l'individu, le bien commun de la société.
De là le confit entre l'individualisme et l'intérêt social.
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C'est à travers tous ces obstacles, que depuis des siècles, les peuples poursuivent leur course à la recherche de la civilisation parfaite, du bien-être, de la liberté,
Leurs formes de Bouvernement se succèdent et se modifient avec les époques et suivant les besoins du moment; elles évoluent de l’absolutisme à la fantaisie, du despotisme au caprice de la foule, de la monarchie primitive aux formes les plus complexes des démocraties modernes,
Rien n'indique cependant que le monde soit plus satisfait, Le peuple maudira toujours son gouvernement surtout si c’est un &ouvernement qu’il s'est donné lui-même, Si le bon Lafontaine vivait encore de nos jours, il n'aurait rien à changer à sa fable des grenouilles qui demandent un roi.