INTRODUCTION XI
accomplis, au xix'^' siècle, par l'industrie, et surtout l'industrie minière en ce pays.
Sauf Duquesnoy, tous les députés du Pas-de-Calais à l'Assemblée Législative étaient modérés : girondins, ou même feuillants.
Certains représentants de ce département à la Convention sont trop tristement connus pour qu'il soit besoin de signaler leur opinion. Mais à côté des Le Bas, des Duquesnoy, des Guffroy, des Joseph Lebon, les modérés sont en nombre *. Les deux Carnot et Bollet, qui votèrent la mort du roi, furent cependant des modérés. Quant à Personne, Enlart, Magniez, Daunou, Varlet et Dubreucq, ils se prononcèrent contre la condamnation capitale ou réclamèrent un sursis à l'exécution.
Modérés encore sont les élus de l'an IV.
En l'an V, ce sont des royalistes qu'atteindra la proscription du 18 fructidor.
Une réaction reflète en l'an VI la recrudescence du jacobinisme, mais elle se manifeste moins vivement en Artois que dans l'ancienne Provence, et la représentation de cette époque est composée à la fois d'amis des Montagnards, comme Théry, Lenglet etCrachet, et de gens qui appuieront de toutes leurs forces le 18 brumaire, comme Lefebvre-Cayet et Daunou.
La majorité des députés de l'an VII sont de l'opinion de ces derniers.
Quelles que soient ces électians successives, la situation du département, comme celle des Bouches-du-Rhône, est mauvaise. Dans cette région septentrionale, même désorganisation morale, même impuissance administrative, même désordre financier, mêmes difficultés de recrutement militaire, même découragement chez les républicains que dans l'extrême sud de la France.
Quelques faits relevés dans les registres d'arrêtés et de correspondance de l'administration centrale du Pas-de-Calais
1. On ne peut citer Robespierre qui, élu à la fois clans le Pas-de-Calais et à Paris, voulut représenter la capitale.