ACTE QUATRIÈME
MAURICE
Vous vous trompez, madame.
ANTOINETTE
J'ai bien deviné.
MAURICE
Vous vous méprenez, je vous assure.
ANTOINETTE
Vous pouvez nier, tant que vous voudrez. Votre embarras et l'amertume de vos paroles suffisent à m'éclairer sur les sentiments réciproques de Dominique
et... de qui vous savez.
Un silence.
Maurice, gauchement Pourriez-vous me dire s'il a vu Dominique tout à l'heure '?
ANTOINETTE
Je viens de poser la même question à Odile, et elle m'a répondu que non.
Vous l'avez interrogée à ce sujet?
ANTOINETTE
Oui.
MAURICE
Moi aussi, à l'instant, j'avais envie de la questionner, mais je n'ai pas osé.
ANTOINETTE
Je crois, monsieur, que nous souffrons tous les deux
de la même peine.
Un silence.
MAURICE
Puisque vous ne souhaitiez pas franchement cette réconciliation avec votre mari, pourquoi donc vous êtesvous si presse'e de faire intervenir madame Brienne? Car c'est bien vous, n'est-ce pas, qui avez réclamé son appui?
ANTOINETTE
N'importe ! Il y a des services qu'on ne doit pas rendre, surtout quand on peut en profiter.
MAURICE
Vous êtes injuste envers votre amie, madame. Je ne sais pas ce que vous lui avez dit, ni ce que vous lui avez caché; mais ce dont je suis sûr, c'est que madame Brienne est incapable d'une action douteuse, quel que soit le trouble de son cœur. Sa conscience est indépendante de ses sentiments.
ANTOINETTE
Dans une heure, vous penserez peut-être autrement.
MAURICE
Adieu, madame.
ANTOINETTE
Vous partez?
MAURICE
Je ne veux rien entendre contre madame Brienne, même si, en ce moment, elle décide le malheur de ma
ANTOINETTE
SoitI
Odile entre et dépose un peigaoïr •ur le ranapé.