ACTE QUATRIÈME
t'importent mes sentiments, ou ceux d'un homme qui ne t'appartient plus?
ANTOINETTE, violemment.
Et s'il m'appartenait encore, cet homme, si je t'avais menti ?
Dominique, stupéfaite.
Vous n'avez pas rompu?
ANTOINETTE
11 est toujours mon amant, et la meilleure preuve, c'est que je dois le voir demain.
DOMINIQUE
Je ne te crois pas.
ANTOINETTE
Demain à cinq heures, comme il me l'a demandé.
DOMINIQUE
Je ne te crois pas! Tu te vantes.
ANTOINETTE
Notre rupture n'est qu'une invention, un expédient proposé par moi, accepté par lui pour te permettre de me réconcilier sans hésitation.
DOMINIQUE
Quelle fourberie !
Voilà la vérité vraie !
DOMINIQUE
Ah! le misérable !
Un silence.
ANTOINETTE, avec jalousie.
Pourquoi misérable? Tu peux me condamner, moi,
je le mérite; mais lui. n'est pas bien coupable envers toi!
DOMINIQUE
(,]a me regarde.
ANTOINETTE
A moins que depuis tantôt, il ne se soit passé entre vous quelque chose que je ne sais pas!
DOMINIQUE
Suppose ce que tu voudras, tes mensonges m'ont rendu ma liberté, ma liberté tout entière, et je ne te dois compte de rien.
ANTOINETTE
Tu Tas revu, n'est-ce pas"? Il t'a dit qu'il t'aimait?
DOMINIQUE
Ne me questionne pas davantage, tant pis pour toi.
ANTOINETTE, affolée.
Soit, que m'importent tes secrets! d'ailleurs? Je suis tranquille! si tu es encore assez crédule pour l'écouter, il ne te gardera pas longtemps.
DOMINIQUE
Malheureuse !
ANTOINETTE
Va! c'est toujours le même homme qui t'a martyrisée et trompée tant de fois, et qui se glorifie d'avoir commencé ses trahisons huit jours après qu'il était ton amant !
DOMINIQUE
Tu inventes !
ANTOINETTE
Avec une femme de théâtre que tu connais.