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ACTE PREMIER

BRACONY

Elle aime mieux le déshonorer.

DOMINIQUE

Ce que c'est que l'habitude de bêcher! Jamais on n'a dit le moindre mot sur elle.

MAURICE

La musique et l'amour de sa fille accaparent toute sa sensibilité.

BRACONY

L'amour de sa fille surtout. J'ai déjeuné une fois ici entre elles deux : quelle mère assommante!

Le père aussi aime son enfant.

MAURICE

Il n'en parle jamais sans émotion.

BRACONY

Mariotte, qui le voit de temps en temps, m'a raconté qu'il avait eu beaucoup de chagrin cet hiver, quand Toinon avait emmené la petite à Londres.

DOMINIQUE

Je crois bien! Elle nous en a privés pendant trois mois.

MAURICE

Comment va-t-elle, votre filleule?

DOMINIQUE

Je l'ai rencontrée tout à l'heure près de la Trinité. Je ne lui ai pas trouvé la mine bien brillante.

MAURICE

Toujours tendre avec vous?

DOMINIQUE

Quand elle met ses bras autour de mon cou en disant : Marraine!... mon cœur se dilate... Ah! je méritais bien d'avoir un enfant.

BUACONY

Et même plusieurs.

J'en aurais voulu une mince et fragile comme elle.

MAURICE

Elle a l'air d'un bibelot.

DOMINIQUE

Elle ressemble au Saint-Jean de Donatello. Il faudra que je fasse quelque chose avec elle. Je demanderai à sa mère de me la prêter deux ou trois jours.

MAURICE

A quelle heure atlendez-vous madame Bellangé?

DOMINIQUE

D'un instant à l'autre... Sacré mâtin!... mon armature a plié, tout va dégringoler... Au fond, je me serais bien passée de cette corvée-là. Je pressens toutes sortes de complications et dhistoires. Sans cette petite, à laquelle je m'intéresse, j'aurais prié Raymond de s'adresser ailleurs... Ne bougez donc pas, Maurice. Et pourtant, non, Bellangé, c'est quelque chose d'autrefois.

BRACONY

Comme talent.

DOMINIQUE

>'e riez pas. Je me trouve des devoirs envers lui. Quand j'ai perdu mon mari, il m'a aidée moralement et matériellement.

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