ACTE DEUXIÈME
FRANÇOIS
Voilà... c'est que... au moment de commencer, j "hésite. A présent que je suis en face de vous, je sens tout ce que ma démarche a d'insolite et de choquant.
Le plus difficile est fait, pourtant.
FRANÇOIS
Au surplus, puisqu'on parle de votre mariage, je pense que cette démarche vous semblera moins déplacée qu'à toute autre époque.
DOMINIQUE
Dites toujours.
FRANÇOIS
Je réclame votre indulgence... C'est de madame Bellangé qu'il agit.
DOMINIQUE
Nous voilà très à l'aise. Expliquez-vous.
FRANÇOIS
Je viens de la rencontrer. Elle sortait d'ici et elle m'a répété votre conversation.
DOMINIQUE
Ah!
FRANÇOIS
La confidence que vous lui avez faite, les conseils que vous lui avez donnés, et particulièrement votre opinion sur mon compte l'ont beaucoup troublée. Elle aurait avec vous un nouvel entretien de ce genre qu'elle serait femme à prendre une détermination dont je... qui... Bref, je viens vous demander de ne pas la réconcilier avec son mari.
iOB LE PASSÉ
DOMINIQUE, froissée.
Vous m'avez donc bien oubliée depuis huit ans pour me croire capable d'une action mesquine.
FRANÇOIS
Vous vous me'prenez.
DOMINIQUE
Vraiment, si j'étais moins modeste, je pourrais me figurer que c'est la curiosité', et non l'inquiétude, qui vous a fait sonner chez moi.
FRANÇOIS
Je ne mets pas votre délicatesse en doute.
DOMINIQUE
Moi, je trouve que vous l'y mettez, et je désire préciser les faits. Quand j'ai donné à madame Bellangé des conseils que n'importe quelle femme lui aurait donnés à ma place; quand, pour la préserver de certains mécomptes possibles, je lui ai raconté certaines déceptions de ma vie, j'ignorais que je plaidais contre vous, je ne savais même pas que vous la connussiez.
FRANÇOIS
Je vous crois.
DOMINIQUE
Dès l'instant où votre nom a été prononcé, je me suis abstenue de parler de réconciliation.
l-'lt \NÇOIS
Vous n'avez pas besoin de vous défendre.
DOMINIQUE
Ce détail a son importance, vous en conviendrez, et madame Bellangé, qui vous a rapporté tant de