ACTE TROISIÈME
ANTOINETTE
Compris... Dans quelques minutes, Dominique m'aura promis son intervention, et dans une demi-heure, j'aurai repris la route de Paris, le cœur plus léger qu'en arrivant.
FRANÇOIS
Qui allez-vous voir à Paris'?
ANTOINETTE
Marie Ferrand.
FRANÇOIS
La femme de l'avocat ?
ANTOINETTE
Je vais leur annoncer que cette semaine je signe un ail de bonne existence avec mon mari, ma fille, et un homme que j'aime... Ça, ce n'est pas la peine d'en parler.
FRANÇOIS, prêt à sortir.
Maintenant que nous sommes bien d'accord, ne me retenez pas davantage, car mon ministre m'attend.
ANTOINETTE
Puisque dans une dizaine de jours, vous revenez de Londres, rappelez-vous que vous m'aimez un peu.
Comptez sur moi.
Parole'?...
D'amour.
FRANÇOIS
ANTOINETTE
Alors, allez. D'ailleurs, Dominique n'aurait qu'à
entrer, et, pour beaucoup de raisons, je ne tiens pas à ce qu'elle vous retrouve ici.
FRANÇOIS
Moi non plus.
ANTOINETTE
En voilà une qui sera contente quand je lui dirai que nous avons rompu !
FRANÇOIS
Vous croyez?
ANTOINETTE
Je ne comprends pas pourquoi vous vouliez la priver de cette joie.
François, revenant sur ses pas.
Vous n'êtes pas jaloux d'elle, je suppose ?
ANTOINETTE
Un peu.
FRANÇOIS
Si ce n'est qu'un peu. ..
Dame ! J'ai vingt-cinq ans, elle en a quarante.
FRANÇOIS
Trente-huit.
ANTOINETTE
Pourquoi la rajeunissez- vous?
FRANÇOIS
Trente-huit, quarante, c'est la même chose.
ANTOINETTE
Pardon! Quarante, c'est de l'autre côté. Vous voyez bien que j'ai raison d'être jalouse.