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Le passé, le présent et l'avenir de la république

Sous la monarchie, les deux Chambres rédigeaient tous les ans, en réponse au discours de la couronne, une adresse au roi dans laquelle on exposait, avec plus ou moins de sincérité, la situation générale du royaume, et où l’on traitait très-brièvement des deux ou trois affaires principales de l’Étal. Cela suffisait dans un temps et dans un régime où le peuple n’avait pas besoin de connaître les affaires, puisqu’il n’avait dans les affaires ni l’œil, ni la volonté, ni la main; ' dans un temps où le gouvernement de trente-six millions d’ames n’appartenait qu’»à deux cent soixante

ADRESSE Al’ PEUPLE.

mille citoyens politiques appelés électeurs , à deux cents pairs de France, à quatre cents députés et à une dynastie. Qu’importait alors que le reste de la nation, c’est-à-dire trente-cinq millions et demi de citoyens sans droit, sans avis et sans action politique, prit connaissance de la véritable situation des choses, des esprits, de l’Europe, du gouvernement? 11 leur suffisait de lire une fois par an le bulletin des lois pour savoir à quoi ils devaient obéir, et la cote de leurs contributions, envoyée par le percepteur, pour savoir combien ils avaient à payer. Obéir et payer, c’était alors tout l’homme; connaître, juger, apprécier, délibérer, vouloir, choisir, élire,- puis obéir volontairement et religieusement à la loi, devenue volonté générale, c’est aujourd’hui le citoyen.

Ces deux conditions, si différentes entre le sujet non consulté de la loi, sous la monarchie, et le citoyen, auteur et exécuteur de la loi , sous la République , nécessitent des conditions très-différentes aussi dans la nature de publicité à donner aux affaires et dans les éléments de notions politiques à donner au peuple. Conxais-toi toi-même est la première nécessité d’une nation que l’état républicain appelle à se gouverner elle-même. C’est donc au peuple aujourd’hui qu’il faut adresser, sur la situation vraie de la Ré- ' publique, sur l’ensemble et sur les détails de toutes

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