‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 105 sur 112 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Une dernière amélioration est indispensable au sens régulier de notre système représentatif, et je ne puis comprendre quelle ail échappé à la sagesse et

à la prévision des hommes consommes qui ont rédigé notre Constitution.

C’est la solution du conflit qui s’élèverait entre le président de la République et l’Assemblée nationale législative.

Comprend-on un président responsable de république, l’élu temporaire d’un peuple pour l’exécution de ses lois, en lutte avec une représentation nationale élue aussi par ce même peuple?

Comprend-on que ce président responsable se soumette, contre son opinion propre, contre sa conscience, contre sa volonté, à faire exécuter en silence pendant cinq ou six ans les volontés d’une assemblée en opposition avec toutes les siennes, et qu’il continue néanmoins à rester responsable de ce qu’il n’a fait que comme contraint et forcé par cette représentation ?

Comprend-on un président de République dans une pareille impasse, tenu de nommer pour ses ministres ses plus cruels ennemis, et de revêtir de la présence de sa signature, de sa sanction, des actes inspirés par la haine ou par l'animadversion qu’on lui porte?

Le comprend-on ensuite, après ou pendant sa présidence , mis en accusation par la nation , et condamné pour avoir sanctionné ce qu’il ne lui était pas permis de discuter?

Où sera sa dignité? Où sera sa liberté? Et s’il n’y a pas de liberté, où sera sa responsabilité?

Un enfant rougirait d’une si puérile contradiction entre la situation et le devoir, entre le litre et le

rôle, entre la liberté et la responsabilité. Un grand peuple ne peut laisser subsister en permanence un tel conflit ou un tel avilissement de son pouvoir dans sa constitution représentative. Tous le rouages doivent fonctionner sans froissement possible dans le mécanisme d’un gouvernement.

11 n’y a que trois issues à ce conflit s’il se présente, et tout se présente dans la durée de la vie d’un peuple.

Ou la démission du président de la République.

Ou sa destitution par l’Assemblée nationale.

Ou la dissolution de l’Assemblée nationale par le président et l’appel au peuple par une nouvelle élection.

Examinons-les toutes les trois.

Page 1