CHAPITRE XXXVII
La destitution du président par l’Assemblée 1 ?
C’est tout simplement le renversement de la Constitution républicaine actuelle, Constitution où le pou-
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voir exécutif a été sagement séparé du pouvoir législatif, Constitution tempérée et pondérée comme un gouvernement, et non violente et immodérée comme une révolution. Ce serait le retour à la Convention. Ce serait, de plus, le délrônement du peuple par l’Assemblée; car la Constitution, en cela véritablement et fortement populaire, a dit au peuple: « Vous avez, sous la République, deux forces à faire « sortir de vous, pour vous gouverner: la pensée « et l’action.
« La pensée, c’est votre Assemblée nationale.
« L’action, c’est votre pouvoir exécutif: le prési- « dent.
« Vous les nommerez directement l’un et l’autre, « de peur que l’un des deux ne se prétende plus « national et plus omnipotent que l’autre. »
El ainsi a été donnée au peuple la nomination du président.
Que deviendrait celte nomination, cette volonté personnifiée du peuple dans le président, si l’Assemblée nationale s’attribuait le droit de destituer le président? Ce serait bien pis que le veto de Louis XVI, usurpé contre la souveraineté du peuple par l’Assemblée législative; ce serait la volonté personnifiée du peuple nommé par la nation pour être le jouet de l’Assemblée. Votre République à deux pouvoirs n’en aurait plus qu’un, et ce pouvoir serait la tyrannie parlementaire. Elle appellerait en six mois un autre Cromwell.