LIVRE PREMIER
Et ajoutez qu’il n’y a pas un de ces propriétaires qui ne rallie à sa cause et ne recrute dans l'armée défensive de la propriété et de la famille, par le salaire, par la domesticité, par l'affection, par la religion, par le bon sens, par le bon sentiment, un, deux, trois, dix, vingt et jusqu’à des centaines de prolétaires, encadrés eux aussi dans des propriétés quelconques, ne fût ce que par l’espérance de posséder à leur tour, par la responsabilité de leurs économies et par l’avenir de leurs femmes et de leurs enfants! Tout compte fait, l’armée du socialisme subversif, armée sans solde, sans organisation, sans subordination, sans discipline, sans unité de plans et de chefs, armée debout aujourd’hui, évanouie demain, armée de volontaires de l’anarchie, ne pourrait se recruter que dans cinq ou six cent mille ouvriers des villes manufacturières dont la misère et la souffrance auraient oblitéré momentanément le sens intellectuel et moral, dans cinq ou six hommes de clubs, de désordre et de perturbation par communes rurales, et dans cette partie nomade, flottante et débordée des villes, qui se corrompt par son oisiveté sur la place publique, et qui roule, à tout vent des factions, à la voix de celui qui crie le plus haut.
Récapitulez bien, vous ne trouverez pas un million d’hommes en France , et quels hommes , pour exproprier un peuple dont la propriété sous toutes scs formes est le caractère, la nature, la vie, le travail, l’instinct, la passion, la religion!... En vérité, quand on fait autour de soi cette revue de la société
organisée, armée, propriétaire, et cette revue du so-
UMir.Tirte. 3