I.IÎUQ
On comprend que ces idées soient nces et qu’elles aient eu cours dans des temps où les rois, maîtres absolus, étaient, comme Louis XIV, des espèces de 'propriétaires de la nation tout entière prélevant à leur gré, comme des déeimaleurs du pays, leur part des fruits de toutes les propriétés territoriales, industrielles, commerciales de leur sujets, et distribuant à des favoris, à des cours, à des architectes, à des moines ou à des maîtresse^, selon leurs faiblesses, leurs superstitions ou leurs vices, la moelle de la terre et l’épargne enlevée aux pauvres pour enrichir des courtisans. On le comprend encore sous le gouvernement despotique de Napoléon, où le fisc impérial cl la conscription , ce fisc de sang, enlevaient tous les ans au peuple le plus clair de son travail et le plus pur de sa substance, pour aller tantôt à Vienne, tantôt à Berlin, tantôt à Madrid, tantôt à Moscou, conduire, solder et dilapider des armées de huit cent mille hommes, qui laissaient sur la terre étrangère leur solde et leur vie, pour nourrir la gloire d’un seul homme.
Mais aujourd’hui que les peuples ont retiré à eux la propriété d’eux-mêmes; mais depuis que le système constitutionnel a appelé les nations à délibérer leurs dépenses et à voler elles-mêmes leurs impôts par la main de leurs propres mandataires ; mais à présent, surtout, qu’il n’y a plus en France ni roi, ni cour, ni église propriétaire séparés d’intérêt du re-
personnel sur la personne et sur la propriété de chacun de ses membres, en retour des services, des sécurités et des bénéfices que la communauté, autrement dit le gouvernement ou l’État, assure à chaque propriétaire ou à chaque citoyen dont la nation se compose.
Voulez-vous une autre définition plus claire et plus saisissante encore de l’impôt? La voici:
L’impôt est le loyer payé par chaque citoyen locataire de la communauté, pour la place qu’il occupe sur le sol, dans l’édifice ou sous la protection des lois de la société.
La société ne s’élève pas, ne s’agrandit pas, ne se soutient pas , ne se répare pas , ne se perfectionne pas, ne se défend pas elle-même sans le concours des individus qui s’y forment en famille, en groupe, en nation. 11 faut qu’elle se conquierre ou qu’elle s’assure d’abord une place sur le globe, un sol national, des frontières; il faut qu’elle élève sur ces frontières des places fortes , des villes de guerre, qu’elle fonde des canons pour en garnir les remparts, qu’elle y entretienne des garnisons, des corps d’armées, même en temps de paix, pour les rendre infranchissables à l’étranger; il faut qu’elle ait de plus (surtout si, comme la France, elle est une nation continentale) des armées nombreuses, habillées, équipées, armées, disciplinées, commandées, pour correspondre, au besoin, par leur nombre, au nombre
des armées coalisées des nations voisines, et servir de garnisons mobiles à toute la partie de son territoire qui n’est pas enfermée dans des remparts.
Il faut que la société solde ces armées, ces journées et ces années de service militaire qu’elle a droit de demander à cinq ou six cent mille de ses enfants, pour que les autres vivent , cultivent et travaillent en paix.
Il faut qu’elle ait de plus une marine militaire, c’csl-à-dirc un certain nombre de vaisseaux construits, réparés, armés et montés de matelots et de soldats pour transporter, au premier signe, ses flottes ou ses armées navales dans ses colonies ou aux extrémités de l’univers; car le domaine national n’est pas seulement terrestre, il est aussi maritime; il s’étend sur toutes les mers où la nation a des points de littoral habités par des Français, des roules libres sur l’océan à maintenir pour son commerce, ou des alliés à protéger.
Ce n’est pas tout, il faut que la société fasse rendre partout la justice sur place à chaque famille , à chaque citoyen à qui l’on fait violence ou iniquité dans son droit. Pour cela, il faut qu’elle élève des tribunaux et qu’elle v entretienne des magistrats de tous les degrés, depuis le juge de paix, cette première voix conciliatrice de l’équité, jusqu’au procureur général, ce suprême accusateur public au nom de la loi contre ceux qui la violent; et pour prêter force à la loi, pour faire obéir les arrêts de la justice, pour protéger le droit, la vie , la propriété, le champ, le seuil, la femme, la fille, la personne de
chaque citoyen, il faut surveillance, police, force publique de sûreté individuelle, depuis le garde champêtre et le sergent de ville, jusqu’au commissaire de police, aux brigades de gendarmerie , aux geôliers des prisons, aux maisons centrales de détention, aux colonies pénales nécessaires pour séparer de la société ceux que la société rejette de son sein.
Or, il faut payer ce système immense et indispensable de protection des citoyens dans leur personne, dans leur honneur, dans leurs biens, dans leur domicile, dans leur vie !
Il faut que la société surveille non-seulement le corps, mais l’ame, l’intelligence, la moralité des générations nouvelles qui viennent naître et grandir tous les ans dans son sein.
Il faut qu’aux familles trop pauvres ou trop éloignées des villes, elle donne l’instruction, celte lumière de l’esprit, et qu’elle solde pour cet office, un des plus saints de tous, d’abord la nombreuse milice des instituteurs primaires dans les villages, puis les professeurs difficiles à trouver et chers à payer, qui enseignent, à la solde de l’Etat , dans les collèges, dans les lycées, dans les cours de droit, de médecine, de chirurgie, d’accouchement, d’art naval, d’art militaire, de l’école polytechnique, des écoles de peinture, de musique, de sculpture, d’arts et métiers répandus sur la surface du sol, pour élever les professions à la hauteur des sciences, pour exercer, annoblir, adoucir l’esprit et les mœurs du peuple, et pour maintenir le génie national de la France au niveau de son nom et de sa civilisation devant les autres peuples.
Il faut que la société paye encore dans l’état présent (état mauvais et irrégulier des cultes) le salaire de ceux qui exercent dans son sein la plus haute fonction de l’humanité, celle de rappeler la pensée de l’homme à Dieu, les ministres des cultes.
Il faut qu’elle bâtisse et entretienne les monuments de ces cultes, jusqu’au moment du moins où, mieux inspirée de Dieu, elle rendra plus de liberté et plus de dignité aux cultes, en les remettant entièrement à la conscience des familles et des citoyens, et où il n’y aura plus de religions du budget, mais les religions de l’association libre.
Il faut que la société ait une pensée, une volonté obéie, des yeux et des mains partout, sur les points les plus rapprochés comme les plus éloignés du centre, dans les dernières chaumières des Pyrénées ou des Alpes, pour être partout présente et serviable aux citoyens, pour faire exécuter toutes ses lois, pour administrer ses innombrables services, pour accomplir et faire accomplir tous ses devoirs , pour avertir le gouvernement du moindre désordre, pour appeler la force publique, pour gouverner, en un mot, le pays; c’est-à-dire, il faut qu’elle entretienne cl qu’elle solde une forte et universelle administration publique: ministres, conseillers d’Élat, directeurs généraux, préfets, sous-préfets, inspecteurs, receveurs payeurs, vérificateurs, percepteurs des contributions.
Tous ccs fonctionnaires ou employés de la société doivent vivre de leur salaire comme tout citoyen vit de son travail , et il faut que ce salaire
soit proportionné à l’importance des fonctions: premièrement, pour qu’on craigne de le perdre en remplissant mal ses fonctions; secondement, pour qu’on ne soit pas tenté de suppléer à son insuffisance en se laissant corrompre par les citoyens plus riches, et en vendant la justice et les lois. C’est ce qui arrive partout où les fonctionnaires sont peu payés ou ne sont pas payés du tout. Ils se font payer par les plus riches, et les plus pauvres payent à la fin pour tous. C’est ce qu’on appelle l’aristocratie da la corruption. Les fonctions gratuites ne sont pas seulement la ruine de l’administration et de la justice , elles sont la ruine de la morale dans une démocratie, et finissent bientôt par cire la ruine du contribuable lui-même. Le peuple, à cet égard, a des idées très-fausses. La prétendue économie sur les traitements est une économie sur la liberté et sur la grandeur du pays. Un fonctionnaire gratuit n’obéit pas ou obéit mal; il n’a point de responsabilité envers l’autorité supérieure, ni envers le peuple. Il fait la loi en haut et la loi en bas. Tout emploi qu’on ne craint pas de perdre est un emploi mal rempli. La monarchie paye en faveurs, l’autocratie paye en honneurs, la république paye en justice et en traitement.
11 faut enfin que la société, constituée, défendue, administrée et gouvernée sur son sol en nation, entretienne perpétuellement et sur tous les points du globe des rapports de toute espèce avec les autres sociétés, nations , gouvernements, qui couvrent le globe. Une nation est, à l’égard des autres nations,
Luuntixr. s
exactement ce que chacun de vous est à l’égard des autres citoyens vos voisins. 11 y a une loi civile qui fixe les rapports de citoyen à citoyen ; c’est le Code. Il y a une loi politique qui fixe les rapports des nations avec les autres nations; celte loi s’appelle le droit des gens: gens, ici, veut dire nations; ce droit s’écrit dans les traités entre peuples.
El» bien! pour étudier, connaître, appliquer réciproquement ce droit des gens, ces traités, chaque nation doit entretenir chez toutes les autres des ambassadeurs, des envoyés, des plénipotentiaires, des consuls chargés de faire respecter leurs coinpalrio les, de surveiller l'exécution des traités , de faire des négociations, des représentations , de prévenir les ruptures, d’avertir leur propre gouvernement de ce qui se passe à l’étranger, des alliances, des coalitions qui se forment , des armées qu’on lève , des flottes qu’on équipe, des trahisons ou des agressions qu’on médite contre la France ; d’être , en un mot, la France elle-même présente, vigilante, puissante , menaçante ou conciliatrice, partout, dans toutes les cours et dans toutes les républiques.
Vous comprenez que sans celte institution des ambassadeurs et des consuls, les nations qui ne se surveilleraient pas, qui ne se communiqueraient pas leurs pensées , qui ne s’expliqueraient pas, qui ne se concerteraient pas entre elles, se froisseraient, se heurteraient et se combattraient à tout propos; ce serait la guerre partout et toujours, comme si vous n’aviez ni bornes, ni juges-de-paix , ni avocat*, ni ^tribunaux , pour limiter et garder votre part de
champ; au lieu de labourer, vous combattriez tous les jours , au lieu de charrues, vous conduiriez des caissons sur tous vos sillons.
Eh bien! la société doit fournir , et fournir avec une certaine splendeur, à ces envoyés, à ces plénipotentiaires, à ces ambassadeurs, à ces consuls, les moyens de vivre honorablement dans ces cours , dans ces capitales, dans ces républiques, dans ces ports lointains, où ils ont à représenter la dignité et la puissance de la France devant les autres peuples. Le respect se mesure, chez les hommes éclairés, à la vertu et au mérite seuls; mais chez les hommes vulgaires et peu civilisés , le respect se mesure à l’apparence, à l’extérieur, à la libéralité du fonctionnaire. Une nation qui se ferait représenter par des hommes nécessiteux et embarrassés de vivre passerait chez les autres pour une nation d’indigents. Quand un prêtre porte l’image d’un Dieu, quand un magistrat porte le symbole de la loi, quand un général porte l’épée du pays , ils sont vêtus avec dignité et splendeur; quand on porte sur soi le nom de la France, on doit le porter décemment, sinon magnifiquement.
Ces agents de la République, au dehors doivent donc être libéralement rétribués, sous peine de dégrader dans l’imagination et dans l’œil des peuples l’idée de la France.
§ in.
Or, pour payer même parcimonieusement tous ces services indispensables à la société et à la na-
lion: armée de terre, armée de mer, défense des frontières, justice, cultes, enseignement, travaux publics, routes, ponts, chemins vicinaux , chemins de fer, édilices publics, colonies, administrations, hospices, assistance de la République aux indigents, aux infirmes, aux enfants abandonnés, aux aliénés, aux aveugles, aux femmes en couche , aux voyageurs , aux réfugiés, aux ouvriers sans travail ; pour entretenir avec l’étranger les rapports diplomatiques qui conservent les droits du pays et la paix du monde , et, enfin, pour payer avec probité et fidélité les in*lérèls de la dette publique , c’est-à-dire l'intérêt des capitaux que les citoyens ont prêtés à l’État, il faut environ quatorze ou quinze cents millions. Voilà l’impôt! Voilà la part que la communauté doit prélever sur la propriété, sur le revenu, sur l’industrie de trente millions de propriétaires , d'industriels , d’agriculteurs, de commerçants, ou de citoyens sans autre propriété que leurs bras , dont la nation est composée.
Combien cela fait-il, relativement au capital général de la fortune du pays? Environ la quatre centième partie; c’est-à-dire que si cet impôt était improductif, comme quelques raisonneurs sans idée vous le disent, et si ces quinze cents millions s’évaporaient en impôts sans retomber en rosée, en travail, en consommation et en reproduction sur le sol français, il faudrait quatre cents ans pour que cet impôt, ainsi absorbé et anéanti, eut dévoré la fortune ou la valeur actuelle da la France. Vous verrez tout à l’heure qu’il n’en est rien, et que l’impôt n’est pas pardu, mais seulement déplacé.
§ iv.
Combien ceia fait-il, relativement au revenu de la France? Environ un dixième, et si l’on ajoute au revenu territorial de la France son revenu mobilier ou industriel , cela fait environ un vingtième du revenu général de la France.
Est-ce trop? Tout contribuable dira, sans doute , e’esl trop! Tout poids paraît lourd à celui qui le porte. Mais la question n’est pas de savoir si c’est trop, la question est de savoir si la communauté peut accomplir à moins les services dont elle est chargée envers elle-même et envers ses membres.
Chaque fois qu’on énumère en gros ce chiffre de notre impôt, on dit, en effet: c’est trop! il faut le réduire! et chaque fois qu’on prend un budget et qu’on examine en détail , un à un , les articles de dépenses obligatoires, l’on reconnaît qn’à l’exception d’économies sur quelques traitements et sur l’Algérie, il est difficile que la France bien gouvernée, bien défendue , bien administrée, bien jugée , bien enseignée, bien réparée au dedans , bien respectée sur les mers, bien représentée au dehors , dépense moins d’environ quatorze ou quinze cents millions par an.
En voulez-vous la preuve? Voilà trente-cinq ans que tous les partis, tous les hommes politiques, tous les journalistes, tous les candidats d’opposition ou de gouvernement qui veulent plaire à la France et se populariser dans les collèges électoraux, deman-
i±i LIVRE TROISIÈME.
dent à grands cris le gouvernement à bon marché, l’administration du pays au rabais, et qu’ils parlent de vos villes et de vos villages en vous jurant qu’ils réduiront l’impôt; et voilà trente-cinq ans qu’après avoir approché de plus près les affaires , discuté et rogne les colonnes de vos budgets pendant six mois dans les bureaux, dans les commissions, à la tribune, ils reviennent tous , sans exception , la tète basse , dans leur village ou dans leur ville, en confessant qu’on ne peut pas réduire de beaucoup l’impôt sans découvrir le pays au dehors, sans le démolir au dedans, et que le budget, même sans guerre, grossit tous les ans.
Faut-il croire que tous ces hommes, royalistes ou républicains, hommes de Paris ou hommes des départements, agriculteurs ou banquiers, industriels ou commerçants, propriétaires ou prolétaires, sont tous, depuis trente cinq ans, des aveugles, des complices ou des compères? Mais la France n’aurait donc que des imbéciles ou des fripons dans son sein? Non, il faut croire ce qui est vrai et ce qui est évident pour tout homme qui sait compter, c’est que les réclamations contre l’énormité de l’impôt vu de loin, lombenl devant l’indispensable nécessité de chacune des dépenses nationales, dont le total forme l’enormité de cet impôt; et qu’après avoir combattu contre ce total , il n’y a pas un homme de bon sens qui ne vote, par patriotisme, presque toutes les dépenses en particulier.
Pouvez-vous réduire, le lendemain d’une révolution démocratique et républicaine, l’armée d’un pays continental , militaire et colonisateur en Afrique, comme la France, au moment où l'Europe, indécise entre l’antipathie et le respect, hésite sur elle-même, et où les grands souverains de l’Europe, entourés d’armées, manœuvrent en Danemark, en Pologne , en Hongrie, en Prusse, en Autriche, sur le Rhin et en Italie, comme dans un vaste camp d'exercice? Mais la République et la France seraient à la merci d’un coup de tête de quartier-général à Varsovie, à Berlin, à Vienne ou à Milan!
Vous ne pouvez réduire votre budget de guerre qu’à la condition d’un désarmement réciproque et simultané des puissances européennes.
§ vi.
Pouvez-vous supprimer vos préfets et vos souspréfets, déjà si parcimonieusement payés, et laisser vos départements se régir eux-mêmes , sans lien avec le pouvoir central? Mais vous détruiriez cette magnifique unité de la France qui s’anime d’une seule aine, qui lui communique une même volonté, qui lui fait faire partout , du même mot , le même geste et le même acte, au même signe de son pouvoir national centralisé, et qui donne à une nation de trente millions d’hommes la force de résister à la
pression de cent quarante millions d’hommes dont elle est entourée sur son continent! Vous démembreriez ce grand peuple! D’un bloc indestructible , parce que toutes ses parties se tiennent, vous feriez une poussière de peuple , emportée en sens divers au moindre vent des factions au dedans, des coalitions au dehors!
§ vu.
Pouvez-vous supprimer votre marine, qui ne représente déjà pas assez l’importance de votre domaine naturel sur deux mers, de vos côtes, de votre commerce, de vos colonies? Mais alors supprimez l’Algérie, les Antilles , vos industries croissantes à l’intérieur, qui ont besoin d’exportation; vos vignobles, qui ont besoin de débouchés ; l’honneur de votre pavillon, qui a besoin de vaisseaux pour le porter et le défendre! Supprimez la Russie dans la mer Noire, menaçant toutes les nuits Constantinople et les Dardanelles! Supprimez l’Autriche dans l’Adriatique ! Supprimez l’Angleterre à Gibraltar et à Malte, et laissez la partie du monde oriental à conquérir se jouer sans vous, devant vous et contre vous, sur tous les rivages de la Méditerranée!
§ vu»..
Pouvez-vous supprimer la justice? Mais alors supprimez la propriété, qu’il faut défendre ; les oppresseurs , qu’il faut réprimer , les passions , qu’il faut
faut contenir; la société, qu’il faut protéger ou venger!
Pouvez-vous supprimer l’enseignement du peuple”? Mais alors supprimez la civilisation et la République, car un peuple ignorant et abruti devient en dix ans un peuple d’esclaves!
Pouvez-vous supprimer vos travaux publics? Mais alors suprimez l’agriculture, le commerce, les transports. La France, après vingt ans sans réparation, tombera en ruine, et la population ouvrière, qui vil de travail, tombera de l’aisance dans la mendicité, de la mendicité dans la révolte contre la faim, de la révolte contre la faim dans le vagabondage et le crime!
Votre budget des travaux publics, mais c’est l’assistance organisée, l’assistance par le travail, la meilleure assistance!
Pouvez-vous supprimer vos ambassadeurs et vos relations consulaires avec l’étranger? Mais alors supprimez le commerce, supprimez la politique , supprimez le droit des gens , supprimez l’Europe , ou déclarez-vous en guerre organique et perpétuelle avec tout le monde! en Étal sauvage dans l’univers civilisé !
Pouvez-vous supprimer les cultes, directement ou indirectement salariés par la République, ou par l’association libre de ceux qui pratiquent une même foi? Mais alors supprimez Dieu dans le ciel, et l’idée de Dieu, et les moralités qui en découlent dans le cœur des hommes!
Pouvez-vous supprimer le payement des intérêts de la dette? Mais alors supprimez vos créanciers, et
déclarez la banqueroute, celle confiscation la plus horrible de toutes, la confiscation d’un dépôt!