‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 96 sur 112 · I.A1URTIRE · texte numérisé non relu

I.A1URTIRE

La loi civile vous déclare capable à vingt-un ans de régir vos biens personnels el de vous gouverner vous-même à vos risques et périls, sauf encore les tutelles, les aliénations, les mariages pour lesquels elle vous impose des conditions de prudence, de consentement de parents, de conseil de famille, de temporisations restrictives de votre droit de vous gouverner vous-même.

Si vous abusez à vingt-un ans de ce droit personnel dans le gouvernement de vous-même et dans la gestion de vos intérêts privés, sur qui retombe la responsabilité de vos ignorances, de vos passions en effervescence, de votre jeunesse, de vos prodigalités, de vos déportements? Sur vous-même et sur vous seul, ou tout au plus sur votre famille la plus rapprochée.

Mais dans la majorité politique que la loi actuelle fixe à vingt-un ans, et qu’elle ne restreint par aucune condition de tutelle ou de conseil légal, sur qui retombent votre ignorance des hommes el des choses humaines, vos erreurs, vos séductions, vos entraînements? Sur la nation, sur la société tout entière! sur trente-six millions d’hommes punis par vous d’avoir mis leur sort dans des mains d’enfants !

Y a-t-il comparaison possible entre le mal qu’une majorité civile prématurée peut causer à vous, et le mal qu’une majorité politique prématurée peut infliger à votre pays ? ► ' •

Non, la différence entre ces deux dangers est comme un est à quarante millions. La société républicaine a donc quarante millions de fois le droit

d’exiger que l’àge de majorité politique soit fixé à» une date de la vie plus haute et plus réfléchie que la majorité civile.

Il y aurait donc à discuter si , au premier rang des garanties morales attribuées au suffrage universel, la société ne pourrait pas demander la garantie d’âge de raison politique ou de 25 ans?

La fixation de cette date de la majorité politique à 25 ans aurait l’avantage encore de dégager presque entièrement la question difficile du vote de l’armée, puisqu’il n’y aurait plus alors qu’un cinquième de l’armée participant au suffrage.

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