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AU PUBLIC

Les Canadiens-français, j'en suis sûr, liront avec bonheur la conférence intitulée : Le Patriotisme, que l'honorable Honoré Mercier a donnée le 16 août 1882, à la salle Jacques-Cartier, sous les auspices de la société St-Jean- Baptiste de St-Sauveur, au profit de l'oeuvre si patriotique de la colonisation.

L’honorable M. Mercier est l’un des présidents honoraires et des membres bienfaiteurs de cette société. Souvente-fois il honora les assemblées de cette société de sa présence, et souvente-fois aussi, il versa dans sa caisse de belles sommes d'argent.

La société St-Jean-Baptiste de St-Sauveur, comme on le sait, a aujourd’hui un but pratique: elle a voué un culte tout particulier à la noble et grande cause de la colonisation. Elle comprend que c’est par ce levier éminemment civilisateur que la race française grandira et multipliera ses forces vives. En effet, est-il une plus louable ambition que de vaincre la solitude, et de remplacer les chants de la brise et ceux des oiseaux par l'hymne sans fin de la délivrance, du travail et de la religion!

Emparons-nous du soi ! Taillons-nous un domaine Au milieu de nos bois, de nos vastes forêts ;

Que l’hymne du travail s’élève dans la plaine ; Que les chemins de fer sillonnent les guérets !

ass TU de

Tous les revenus de cette société sont employés à secourir quelques-uns des hardis pionniers qui s'en vont ouvrir des terres au Lac St-Jean; c'est là, je crois, une excellente manière de reconnaître le mérite de ceux qui ne craignent ni sacrifice ni abnégation pour l'agrandissement de la patrie. Dans l’espace de quatre mois la société a transmis à six braves colons, ci-devant de Québec, la jolie somme de $130.

Mais le ler août dernier, n'ayant plus un centin en caisse, | | et voulant néanmoins aider quelques colons qui lui demandaient des secours, elle résolut d'organiser à cette fin une soirée littéraire et musicale, En conséquence, elle invita ! l'honorable H, Mercier à faire les frais de la partie littéraire ; cet honorable Monsieur, n'écoutant que son patriotisme, suspendit ses affaires professionnelles et vint de Montréal à ses dépens pour se rendre au désir de cette

pauvre société! Après avoir aidé la société de son argent,

venait l'aider de ses lumières et de sa mâle éloquence. Aussi, la société St-Jean-Baptiste de St-Sauveur m'a-t-elle

chargé d'offrir, à l'auteur de l’intéressante conférence qui

suit, l'expression de sa profonde gratitude. Puissent nos

hommes publics, à l'instar de M. Mercier, encourager,

chacun dans la mesure de ses moyens et de ses talents,

les sociétés nationales du pays, surtout celles qui travaillent

à améliorer le sort des canadiens-français.

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