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Tel est le prix que pourrait raisonnablement offrir un cultivateur pour le pâturage de ces 56 hectares. C'est à peu près 1 fr. 20 par hectare pâturé (1). De l’ensemble de ces faits, il résulte que dix vaches trouveraient, dans cette forêt, une nourriture suffisante pendant deux mois de l’année ; mais quinze y souffriraient certainement, ou seraient fatalement conduites à se nourrir de feuilles et de bois. Ces conclusions peuvent paraitre excessives à des esprits prévenus; elles seront acceptées sans conteste par ceux seulement qui, vivant en contact journalier avec la forêt, ont pu suivre la lente dégradation qui accable les peuplements pâturés. Chez ces derniers, les
(1) Les indications données au cours de ce travail sur l’estimation du revenu herbager dans les forêts étant basées exclusivement sur la production fourragère du sol, pourraient peut-être éveiller des doutes dans l’esprit du lecteur, tenté de récuser nos chiffres. On comprend, par suite, avec quel intérêt nous accueillons les faits qui illustrent notre récit et qui fortifient nos conclusions. Or, en voici un tout à fait caractéristique, qui nous est fourni par M. Guenot, inspecteur des eaux et forêts à Chalon-sur-Saône, dont le talent, chacun sait ça, n’a d’égal que la bonté : « La forêt qu'a voulu vous signaler M. Broilliard est une partie des « bois communaux de Saint-Désert : la Colonge, située sur le territoire des Granges « (canton de Givry) et de la Charmée (canton de Chalon-sud). Cette partie de la « forêt à une contenance de 108 h. 92 à.; elle comprend les vingt-cinq coupes « ordinaires et une petite portion du quart en réserve.
« Le canton de la Colonge est éloigné de 6 kilomètres environ du village de Saint-Désert, et les habitants, plus vignerons que cultivateurs, ne possèdent guère de bétail. Ils ne peuvent, dans ces conditions, profiter du pâturage en forêt. Ils peuvent encore moins exercer le droit de parcours dans le reste du quart en réserve situé sur le territoire de Saint-Germain-lez-Buxy, canton de « Buxy, à 12 kilomètres de Saint-Désert, et grevé d’un droit de pâturage au profit de divers hameaux voisins.
« Dans ces conditions, la commune de Saint-Désert, voulant se procurer quelques ressources, amodie chaque année le droit de pâturage dans les cantons défensables du bois de la Colonge; leur contenance est de 65 à 70 hectares et le nombre de bêtes ovines ou chevalines à y introduire est fixé à cent.
« Ce droit de pâturage est adjugé à des habitants de Granges, ou villages voisins, situés à proximité de la forêt. Le prix d’adjudication varie de 80 à 100 fr. Le pâturage est même resté inadjugé quelques années où les fourrages étaient abondants : en 1893, année de sécheresse, le pâturage n’a pu, faute d'amateurs, être amodié au printemps, en mars, époque habituelle : on ne l’a amodié qu’en
« juin, pour 100 fr., sans augmentation sur le prix atteint d’autres années.
« Le sol de la forêt est argileux, humide. Il appartient, comme celui de la plu- « part des forêts du bassin de la Saône, aux alluvions anciennes de la Bresse, et
« le pâturage y fait certainement, comme ailleurs, plus de mal que de bien, mais
« ilest impossible de faire renoncer la commune propriétaire à cette déplorable
« habitude. »
D’après cela, le prix d’amodiation a varié de 1 fr. 25 à 1 fr. 40 par hectare, C’est une bonification de 0 fr. 05 à 0 fr. 20 sur notre estimation, mais on n’a pas tenu compte des années où l’adjudication a été infructueuse. Nous sommes donc
. plutôt au-dessus qu’au-dessous de la réalité. Il était bon de le constater.
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LE + HE RS 4 vides s’anastomosent indéfiniment, les clairières s'étendent, le sous-bois disparaît, les perches et les arbres s’alanguissent, se couvrent de brindilles sèches, de mousse et de lichens, et Hissent. par disparaitre sans autre cause apparente.
c) Terrains siliceux. — Un hectare de vides en terrains sili-
ceux peut donner environ 2,600 kilos de mauvaises herbes par an. C'est néanmoins suffisant pour nourrir une petite vache pendant cent quatre jours. Il en résulte que, pour une enforestation de six mois, il faudrait une étendue de 1 hect. 73 ares par tête de bétail. Le revenu net étant toujours supposé de 38 francs, cela fait ressortir le rendement par hectare à 21 fr. 95 et le prix annuel de fermage à 10 fr. 97.
Le tableau ci-dessous résume l’état des ressources en nature et
en argent que l’on pourrait tirer d’un hectare de taillis aux différenis âges.
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