AMÉLIE, MARCEL
AMÉLIE, en entrant à la cantonnade. C’est bien.... c'est bien, restez là , Anioiiu'.... (6V1/ZS voir Marcel.) 11 vient de soi tir, lu'a-
t-on dit ( Elle regarde autour d'elle avec
attendrissement. ) Oh ! que je 111c doutais
peu ce matin tout ici maintenant
m’intéresse et me touche ( Apercevant
Marcel. ) C’est son ami {.Haut , et avec
bonté.) ÂloDsieur Marcel.
MARCEL, faisant un mouvement à part.
Ouf! voilà le moment du danger.... rien que sa voix., iiic produit un eOet.. {HatU et sans se retourner. ) Madame , j'ai bien l'honneur....
AMÉLIE. Je suis heureuse de me trouver seule iin^ instant avec vous , mousieur Marcel.
MARCEL , à part. Que dit-elle ?... {Haut, et toujours sans se retourner. ) Comment , madame?...
AMÉLIE. J'ai besoin de vous parler de votre ami... de M. Jacques.
MARCEL , se rapprochant d* Amélie. De Jacques?... quel intérêt?.... peu importe, madame... je suis prêt à vous répondre.
AMÉLIE. Une affaire m’amène auprès de lui... ce que je dois lui dire exige de sa part du calme et de la résignation ; et dans l'état où il sc trouve, n'cst-il pas à a’aindre qu’une secousse, qu’une nouvelle imprévue, par exemple n'agissc
violemment sur sa raison.
MARCEL. Pourquoi cette question, madame?
(Il rcgurde Amélie et déiournc vivemcDt les yeux.
Même jeu jusqu'à U ha de la scène.)
AMÉLIE. Je ne puis m’expliquer davan tage mais votre attachement pour le
LE MAGASIN THEATEAL.
yietix Jacques m’est un sàr {'arant de l’intérêt que vous devez prendre à mes questions.
MARCEL. Eh bien ! madame., il est vrai que rétal de mon pauvre ami cxif»e de grauds inéiiagcmcns , et cela peut- il être autrement... à son âge, sans ressourec.s....
réduit à des privniioiis continuelles.
AMÉLIE. Comment ?
MARCEL. Sans doute... les forces s’épuisent, les facultés s’éteignent, cette énergie qui soutient riiumme dans la misère disparait , voyez-vous... lorsque le besoin se fait trop vivement sentir.
AMÉLIE , t>iVcmc/i/. Que dites-vous?
votre ami se trouvcrail-il dans une position aussi alTi eusc?
MARCEL. Hélas! madame... aujourd’Iiui même encore... ]
AMÉLIE, tiiuis h plus granfic ngiiatwn, , Il se }>cul! {Appelant ttit dehars.) Antoine..
Antoine...
(Aoloine p»ratt , eile lui éonne tout liîts quelques ordre», il sort prrcipiiaaunem.)
MARCEL, ù pû'Y. Que fait-elle?
AMÉLIE. Rassurez-vous, monsieur, je viens de donner des ordres...
MARCEL, C’est bien bon à vou.s, madame. .
mais j’aurais pu mo't-inéme,... car, Dieu
merci on a des res.sources.... on a des
ressources.
AMÉLIE , a<^cc amc. Ah ! oui , monsieur Marcel... on ne peut pas douter de vous.,, de votre amitié.... lorsqu’on connaît votre noble conduite envers un malheureux.. .,
MARCEL, tout tiuuhiè. ^la conduite!....
par exemple!... ma conduite... (// va pour ta regarder y et se retuu‘ ne vivement. ) N estelle pas toute simple , toute naUirelle? ( A part. ) C’est-à-dire qu'il y a dans cette femme-là... de la fascination.... de la magie encore un mot, et je ne partirai
pas.
AMÉLIE, à pari. Qu’a-t-il donc? quel air cinhaimssé?
MARCEL , à pari. Courons chercher mes papiers... courons cliez le capitaine... courons jeter mon argent à ce misérable Bernard.... (A Amélie.) Madame, daignez me
pardonner une .affaire importante me
force de voiisquiltcr.. daignez m’excuser,.
( Ici on rntend la ritournelle de t air suivant.) J’entends mon ami Jacques , je crois. ( U ça écoairr.) Oui, c’est bien lui..... je vous
laisse enseinide ( A part. ) Comment
l’éviter?.. {Désignant la porte à diMite.) Ah ! par cette sortie.
(11 tort brusqucmeol par la droite , eu ialiiant de cdte et laDS regarder.)
oooeooeeeeeeeoeoaeoeoaeeeeeo aw i w ee M aRaBR i