SCÈNE QUATRIÈME
DURAND
Quand tu auras Gni tes salamalecs, tu me répondras peut-être. Je te demande où est Louise?
COQCERET.
Monsieur est bien boni Louise est... je ne sais pas, monsieur, où elle est, la Louise; mais je peux bien dire à monsieur qu'elle et moi. on est comme frècp et sœur, ni plus ni moins!
DURAND
Tiens, je l'espère bien! (a pan.) Est-ce quil y entendrait malice? non, il est trop simple. (Haut.) Ah ça! trouve-jnoi «non sac. qui doit être quelque part par là.
COQUERET.
Le via, monsieur, je l'ai trouvé!
DURAND, s'asserant.
Je l'avais donc perdu?
COQUERET. allant chercher la sacoche.
Oh ! monsieur ne ra\'ait pas perdu ; il l'avait laissé au bord de la roule, sur un tas de pierres. Je m'en revenais du pré. ousque j'a\'ais été conduire la chèvre de Cachemire avec Louise, 'n donne
la sacoche à Dnrand. )
DURAND
A!or?. Louise est restée dans le pré?
Oui , monsieur.
DURAND, ridant sa sacoche par terre , prenant son marteau qui est dedans et brisant h la main quelques pierres qn'U range i mesure, sans se lever, sur IVugère.
Pourquoi disais-tu que tu ne savais pas où elle était?
COQUERET.
Moi, j'ai dit ça?
DURAND
Oui, tu l'as dit.
COQUERET.
C'est étonnant, ça. monsieur. Je croyais bien avoir dit: Elle est avec sa chèvre.
DURAND
Et pourquoi s'occupe-t-elle encore des chèvres?... Je l'en avais dispensée !
r.OQUERET.
Oh! monsieur, elle ne veut pas faire la demoiselle ! Elle aime tant va, les bêtes !
DURAND
Enfin, pourquoi m'as-tu dit : .le ne sais pas?
COQUERET.
J'ai cru que monsieur me demandait où était la cuisinière?
Allons, tu seras toujours aussi fou, aussi distrait! une vraie tête de linotte !
COQUÈRET.
Oh ! non, monsieur, depuis huit jours que monsieur s'est absenté, je ne suis plus moitié si bête!
DU RAND
Merci ! c'esl-à-dire que c'est moi qui te rendais comme ça?
COQUERET.
Oh! non, monsieur, toute la faute était à moi! Mais depuis que Louise a entrepris mon éducation... je...
D URAND, posant à terre ses pierres et regardant Coqueret. ■
Comment, comment! tu disque Louise a entrepris...
COQUERET.
Oui , monsieur! Elle m'a dit comme ça : Vois-tu , Jean, tu impatientes notre maître avec ta bêtise : faut te forcer l'esprit pour lui complaire! faut apprendre! Moi, j'ai appris à seule fin de t'enseigner, et je vais»t'enseigner bien vite, du temps que monsieur n'y est pas.
DURAND, se levant.
Alors... selon toi, elle ne s'est donné la peine d'apprendre qu'à ton intention?
COQUERET.
Oui, monsieur, c'est comme je vous le dis.