Ibidem
premiers débris ont été découverts, en 1843, par feu notre collègue Waterkeyn. C’est notre savant confrère L. de Koninck qui a, le premier, signalé l’existence de ces reptiles dans ce terrain. Dans ces derniers temps, le docteur Van Raemdonck a recueilli, dans la même argile, des os de la carapace et des membres qui nous font supposer qu’ils se rapportent à un genre nouveau. Les plaques costales présentent, à leur surface interne, des expansions foliacées qui les font ressembler à une mousse pétrifiée. C’est de là que nous avons pris le nom de Bryochelys. Le fragment découvert par M. Waterkeyn, est un xiphisternal et un morceau d’Iiyposternal. M. le docteur Van Raemdonck nous a remis un fragment de coracoïde, un fémur, un tibia, diverses phalanges, et des plaques costales de la carapace » L
A voir cette innombrable quantité de baleines, de tout âge et de toute grandeur, qui hantaient la mer du crag et dont les caractères osléologiques indiquent le régime ichtyophage, il faut croire que la mer du Nord était, à cette époque, excessivement poissonneuse, et il est étonnant que, jusqu’à présent, on ait découvert, dans ce terrain, si peu de débris de poissons. Mais, il est à supposer que les débris de ces animaux, ballotés au fond de la crique qui recevait les cadavres des cétacés, étaient trop délicats pour résister à la violence des marées. Aussi, les restes de poissons que l’on recueille dans le crag, consistent-ils principalement en otolithes et en dents de squales 1 2 * *. 11 n’est pas moins étonnant, qu’il n’y ait guère que les débris de poissons sélaciens qui soient parvenus jusqu’à nous, et que l’on trouve si peu de débris de poissons osseux. Peut-être cherchera-t-on l’explication de la rareté des poissons ordinaires, dans ce fait que les cétacés ziphioides dominaient dans cette mer, et que la nourriture de ces cétacés consiste exclusivement en mollusques céphalopodes. Les grandes baleines, comme on sait, ne se nourrissent que de mollusques ptéropodes ou de crustacés particuliers, les uns et les autres de très-petite taille. Il ne fallait, probablement, des poissons osseux dans cette mer, que pour la sustentation des phoques et des requins 5. C’est le professeur Van Beneden
1. Les reptiles fossiles en Belgique, notice par P.-.l. Van Beneden, insérée dans les Bulletins de V Académie royale de Belgique, 2e série, tome XXXI, N° 1, 1871.
2. Recherches sur quelques poissons fossiles de Belgique , par M. P.-.l. Van Beneden,
notice insérée dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 2e série, tome
XXXI, N° 6, Juin 1871.
s. La côte d'Qstende et les fouilles d’Anvers, discours déjà cité de M. Van Beneden.
et feu le capitaine Le Hon, qui se sont plus particulièrement occupés à reconstruire les poissons tertiaires de la Belgique et à déterminer les espèces : le premier, à l’aide de leurs débris osseux, et le second, à l’aide de leurs séries dentaires. Ces restes, dont la plupart ont été recueillis par nos soins, ont permis à ces deux savants d’établir un grand nombre d’espèces, dont les unes appartiennent à la division des poissons osseux scombéroides, et les autres à celle des poissons cartilagineux sélaciens. Hormis les noms marqués par un astérique, les genres et espèces suivants ont fourni des restes au Pays de Waas :