INTRODUCTION XXIX
mise du sénat de la Chambre de Rio-de-Janeiro, que leur pays « voulait être traité comme frère et non comme fils du Portugal, comme souverain et non comme sujet. »
Devant cette fermeté et ces justes revendications du pays, le Prince-régent n'hésita plus à embrasser la cause du peuple au milieu duquel il avait grandi. Le 9 janvier 1822, en présence d'une multitude assemblée pour connaître sa résolution, il prononça ces mots, devenus célèbres : « Comme il s’agit du bien de tous et du bonheur général de la nation, je suis prêt, dites au peuple que je reste. »
Il ne faillit pas à sa parole. Dom Pedro sacrifia à sa patrie d’adoption tous ses liens de famille. Si l'ambition entra pour quelque chose dans ses déterminations, il faut convenir qu'elle sauva son pays d'immenses désastres.
Le 7 septembre 1822, Dom Pedro, en proclamant l'indépendance du Brésil, annonçait du même coup une ère de prospérité pour son peuple. En faisant entendre sur les rives de "Ypiranga — petit cours d’eau de la province de Sam-Paulo, — les paroles d’affranchissement : Indépendance ou mort! il assurait pour longtemps la liberté et la vie à l’un des plus grands empires du monde.
Depuis lors, le Brésil n’a fait que grandir. Son administration intérieure s’est développée; ses relations extérieures se sont étendues ; son instruction publique, son agriculture, son commerce, ses finances, ses moyens de communication n'ont cessé de suivre une marche progressive.
Qu'était, en effet, le Brésil en 1822? Qu'est-il aujourd’hui ? — Nous allons Pindiquer sommairement.
Les premières années du règne de Dom Pedro I furent troublées. Proclamé empereur constitutionnel et défenseur perpétuel du Brésil, couronné comme tel le 1º décembre 1822, le nouveau souverain trouva le pays dans un moment d’enfantement douloureux. Des factions nombreuses le divisaient. Les provinces de Pará, Maragnan,
Ceará, Piauhy, Rio-Grande-du-Nord, Parahyba, Pernambuco,
l'extrême prudence du nouvel élu, sans le de pa Er ches » de notre indépendance, le Brésil tombait dans l'an
plus complète et ses provinces s'éparpillaient en gouverneme base et sans avenir.
parvint à imposer son autorité sur tous a points E son immense
empire et à ramener les esprits à la tranquillité et au respect de la loi. l ET E L'année suivante, en 1825, après cette pacification, l'indépendance du Brésil fut reconnue par les grandes puissances, et acceptée par le Portugal lui-même, grâce à la médiation de l’Angleterre. Le jeune empire avait conquis sa place au soleil. Mais il dut payer de quelques sacrifices la faveur qu'on lui accordait. L' Angleterre, la première, lui imposa des conventions fort onéreuses par les traités du 18 octobre 1825, qui remettaient en vigueur les clauses de 1810 si | favorables au commerce britannique. La France se montra exigeante à son tour. Le 8 janvier 1826, elle profita des embarras du nouvel empire pour signer un traité de commerce ruineux pour le Brésil. Pendant ces négociations la guerre éclatait à la Plata. Le Brésil se vit contraint de batailler pour défendre sa province cisplatine. Malgré tous ses efforts, il ne put pas la conserver. Par la convention du 27 août 1828, la province cisplatine se constitua en un État indépendant, qui forme aujourd’hui la République orientale de "Uruguay. Dom Pedro I héritait d'une situation non moins déplorable en ce qui concerne les services administratifs de l'État. L’instruction publique, qui n'avait jamais été l’objet des préoccupations de la métropole, se trouvait dans un état rudimentaire. Au temps où la cour de
Dom João VI campait à Rio-de-Janeiro, on introduisit quelques arts