SCÈNE IV
Les mêmes, moins JONAS.
NATALIE, sortant de l’alcôve*.
A-t-on jamais vu un pareil effronté !.. finissons-en, petite...
ROSE
Oui, Mademoiselle!.. 11 vous connaît donc, ce petit monsieur?..
NATALIE
C’est un ami de mon futur ! (Elles continuent à voix basse en essayant la robe de noces.)
RIGA1SDARD, sur la terrasse.
Dire que cette mansarde est l’asile de l’innocence!., ça me donne des idées épouvantables!.. Eh ! mais... cette petite Rose Rousseaux, Berthoud m’a confié le billet endossé par elle!... une, deux ! mon plan est fait.
ROSE, retirant la robe de mariée à Natalie.
Bien, Mademoiselle, je retoucherai cela, et vous aurez l’air d’une jolie vierge blanche... (a part.) Moi aussi j’aurai bientôt
cet air-là. (Elle va accrocher la robe au porte-manteau de gauche.)
NATALIE, remettant sa robe.
La !.. Vous pouvez faire rentrer mon oncle.
ROSE, ouvrant la fenêtre.
Venez, Monsieur... (Rigaudard passe dans la chambre.)
NATALIE, achevant de se r’habiller **.
Venez, bel oncle, et partons vile, maintenant.
RIGANDARD, son mouchoir à la main.
Partons ! (a Rose.) Mademoiselle, mes compliments sur votre eau rie Cologne... elle est pure... c’est que j'ai compté deux cent dix-huit sortes d’eau de Cologne, moi; je les ai employées toutes, moi!., et, je peux vous le jurer sur la tète de Jean-Marie Farina, votre eau de Cologne est pure!.. (Bas.) Vous avez signé un billet de trois cents francs?..
ROSE, de même.
Oui, Monsieur, mais...
RIGANDARD, bas.
Chut! Il y va de plus que la vie! il s’agit de l’honneur !.. Dans un moment je reviens.
* Rig. Rose, Nat.
** Rose, Rig. Nat.