CONCLUSION. R
projeté par la main de l'astronome, le dégel s'arrêtait, les fentes se raccordaient, la congélation se refaisait!
« Hurrah! hurrah! » s'écrièrent tous ces infortunés.
C'était un travail fatigant que la manœuvre des pompes, mais les bras ne manquaient pasl On se relayait. Les arêtes du glaçon se revivifiaient comme si elles étaient soumises à un froid excessif.
« Vous nous sauvez, monsieur Black, dit Jasper Hobson.
— Mais rien de plus naturel! » répondit simplement l'astronome.
Rien n'était plus naturel, en effet, et voici l'effet physique qui se produisait en ce moment.
La recongélation du glaçon se refaisait pour deux motifs : d'abord, sous la pression de l'air, l'eau, en se volatilisant à la surface du glaçon, produisait un froid rigoureux; puis, cet air comprimé, pour se détendre, empruntait sa chaleur à la surface dégelée, et celle-ci se recongelait immédiatement. Partout où une fracture allait se produire, le froid, provoqué par la détente de Fair, en cimentait les bords, et, grâce à ce moyen suprême, le glaçon reprenait peu à peu sa solidité première.
Et ce fut ainsi pendant plusieurs heures! Les naufragés, remplis d'un immense espoir, travaillaient avec une ardeur que rien n'eût arrêtée !
On approchait de terre.
Quand on ne fut plus qu'à un quart de mille de la côte, l'ours se jeta à la. nage, et il atteignit bientôt le rivage et disparut.
Quelques instants après, le glaçon s'échouait sur une grève. Les quelques animaux qui l'occupaient encore prenaient la fuite dans l'ombre. Puis les naufragés débarquaient, tombaient à genoux et remerciaient le ciel de leur miraculeuse délivrance.