UN SAVANT DÉGELÉ
l'avait mise au courant de la situauon, muis peut-être — car il aimait à parler — fût-il entré dans de nouveaux détails, si un incident ne lui eût coupé la parole.
En effet, le caporal Joliffe venait d'annoncer à haute voix que, Mrs. Joliffe aidant, il allait procéder à la confection du puach. Cette nouvelle fut accueillie comme elle méritait de l’être. Quelques hurrahs éclatèrent. Le bol, — c'était platôt ur, bassin, — le bol était rempli © la précieuse liqueur. Il ne contenait pas moins de dix pintes de brandevin. Au fond s’entassaient les morceaux de sucre, dosés par la main de Mrs, Joliffe. A la surface surnageaient les tranches de citron déjà raccornies par la vieillesse. 1 n'y avait plus qu'à enflammer ce lac alcoolique, et le caporal, la mèche allumée, attendait l'ordre de son capitaine, comme s’il se fût agi de mettre le feu à une mine,
« Allez, Joliffe! » dit alors le capitaine Craventy.
La flamme fut communiquée À la liqueur, et le punch flamba en un instaut, aux applaudissements de tous les invités.
Dix minutes après, les verres emplis circuiaient à travers Ja foule, et trouvaient toujours preneurs, comme des rentes dans un mouvement de hausse,
« Hurrah! hurrah! hurrah pour mistress Paulina Barnett! Hurrah pour le capitaine ! » <
Au moment où ces joyeux hurrahs retentissaient, des cris se firent entendre au dehors. Tous les invités se turent aussitôt.
+ « Sergent Long, ditle capitaine, voyez donc ce qui se passe! »
Et sur l'ordre de son chef, le sergent, laissant son verre inachevé, quitta le salon. #