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LES MOIS D'HIVER

Or, ce que faisaient les ours etles Esquimaux, d'adroits rate puuvaient bienle faire, et, puisque les trous existaient, c'est que les shoques s’en servaient. Or, ces phoques, c'était l’huile, c'était la lumière qui manquait alors à la factorerie.

Kalumah revint aussitôt au fort. Elle prévint Jasper Hobson. Celui-ci wanda les chasseurs Marbre et Sabine. La jeune indigène leur fit connaître le procédé employé par les Esquimaux pour capturer les phoques pendant l'hiver, et ell: leur proposa d’en essayer.

Eile n'avaii pas achevé de patler que Sabine avait déjà préparé une forte corde munie d’un nœud coulant.

Le lieutenant Hobson, Mrs. Paulina Barnett, les chasseurs, Kalumah, deux ou trois autres soldats, se rendirent au cap Bathurst, et, tandis que les femmes demeuraient sur le rivage, les hommes s’avancèrent en rampant vers les trous désignés. Chacun d'eux était muni d’une corde et se posta près d’un trou différent,

F'attente fut assez longue. Une heure se passer. Rien ne signalait l’approche des amphibies. Mais enfin, l’un des trous— celui qu’observait Marbre — bouillonna à son orifise, Une tête, armée de longues défenses, apparut. C'était la tête d’un morse. Marbre lança son nœud coulänt avec adresse et le serra vivement. Sescompagnons accoururent à son aide, et, non sans peine, malgré sa résistance, le gigantesque amphibie fut extrait de l'élément liquide et entrainé sur la glace. Là, quelques coups de hache l’abbattirent,

C'était un succès, Les hôtes du fort Espérance prirent goût à cette pèche d'in nouveau genre, D'autres morses furentains. capturés. Ils fournirent une huile abondante, -— auile anim le, il est vrai, ei non végélale, — maiselle su fit à l'entretien des lampes, et la lumière ne fit plus défaut aux travailleurs et aux travailleuses de la salle commune.

Cependant, ie froid ne s'accentusit pas. La température demcirait supportable, Si les hiverneurs eussent été sur le solide terrain d:: continent, ils n'auraient eu qu’à se féliciter de passer l’hiver dans ces conditions. Ils étaient, d'ailleurs, ahrités par la haute banquise contre les brises du nord et de l'ouest, et n’en ressentaient pas l'influencs. Le mois de janvier s’avançait, et le thermomètre 1e marqua encore que quelques degrés au-dessous de glace.

Mais précisément, la douceur de la température avait dû avoir et avait eu pour résultat de ne point solidifier entièrement la mer autour de l'île Victoria. l'était même évident que l'iceheld n’était pas pris dans toute son étendue, et que des enteilles, plus ou moins importantes, le rendaient impraticable, puisqre ni les ruminants, ni les animaux à fourrure n'avaient abandonné l'ile, Ces quadupèdes s'étaient familiarisés, apprivoisés à un point

qu'on ne saurait croire, et ils semblaient faire partie de la ménagerie do- : inestique du fort.

Suivant les prescriptions du lieutenant Hobscen, on respectait ces animaux, qu’il eût été absolument inutile de tuer. On n’abattait les rennes que pour se procurer de la venaison fraiche et renouveler l'ordinaire. Mais les hermines, les martres, les lynx, les rats musqués, les castors, les renards, qui fréquentaient sans crainte les environs du fort, furent laissés tranquilles. Quelques-uns même pénétraient dans l'enceinte, et on se gardait bien de les en chasser. Les martres et les renards étaient magnifiques avec leur fourrure d’hiver,.et quelques-uns valaient un haut prix! Ces rongeurs, grâce à la douceur de la température, trouvaient aisément une nourriture végétale sous la neige molle et peu épaisse, et ils ne vivaient point sur les réserves de la factorerie.

On attendait donc la fin de l’hiver, non sans appréhension, dans une existence extrêmement monotone, que Mrs. Paulina Barnett cherchait à varier par tous les moyens possibles.

Un seul incident marqua assez tristement ce mois de janvier. Le 7, l'enfant du charpentier Mac Nap fut pris d’une fièvre assez forte. Des maux de tête très-violents, une soif ardente, des alternatives de frisson et de chaleur, eurent bientôt mis le pauvre petit être en un triste état. Que l’on juge du désespoir de sa mère, de maître Mac Nap, de leurs amis! On ne savait que faire, car on iguorait la nature de la maladie, maïs sur le conseil de Madge, qui ne perdit point la tête et qui s’y connaissait un peu, le mal fut combattu par des tisanes rafraichissantes et des cataplasmes. Kalumab se multipliaii, et passait les jours et les nuits près de l'enfant, sans qu'on püt lui faire prendre un instant de repos,

Mais vers le troisième jour, on n’eut plus de doute sur la nature de ka maladie. Une éruption caractéristique couvrit le corps du bébé, C'était une scarlatine d’espèce maligne, qui devait nécessairement amener une iuflammation interne.

Il est rare que des enfants d’un an soient frappés de ce mal redoutable et avec cette violence, mais enfin cela arrive quelquefois. La pharmacie du fort était malheureusement assez incomplète, on le pense bien. Toutefois, Madge, qui avait soigné plusieurs cas de scarlatine, se souvint à propos de l’artion de la teinture de belladone, Elle en administra chaque jour une ou deux gouttes au petit malade, et l’on prit les plus extrêmes précautions pour qu'il ne subit pas le contact de l'air,

L'enfant avait été transporté dans la chambre qu'occupaient son pè + et sa mère, Bientôt, l’éruption fut dans toute sa force, et de petils points rouges se manifestèrent sur sa langue, sur ses lèvres, et même sur le globe

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