CABINET DE M« BAÜDE, AVOCAT; PLACE ROYALE
A Monsieur Ad. Guignet., 20, rue Monsieur-le-Prince., Paris.
« Mon cher Monsieur,
» Je serais bien certainement inexcusable d’avoir différé si longtemps de vous écrire, si les préparatifs de l’exposition ne m’avaient entièrement absorbé et si je n’avais aussi compté un peu sur votre indulgence. Ne croyez pas pour cela. Monsieur, que je demeure moins reconnaissant vis-à-vis de vous de la magnifique toile que vous avez bien voulu me donner. C’est une des perles de notre exposition, et je vous prie de croire qu’elle s’est bien passée de mon intervention pour être installée au premier rang.
» Cependant, comme rien n’est parfait dans ce bas monde, je prendrai la liberté de vous dire que votre tableau a un défaut que chacun s’accorde à lui reconnaître, c’est d’être un trop fâcheux voisin pour ceux qui l’environnent; il est bien entouré cependant.
» Vous avez été si bon pour moi. Monsieur, dans cette circonstance que vous me permettrez de vous offrir une modeste épingle que mon ami Cambon a bien voulu se charger de vous remettre en mon nom.
» Je n’ai point la prétention. Monsieur, de vous faire un cadeau, je ne m’aviserais jamais de cela avec un homme tel
que vous ; mon seul désir c’est que vous vouliez bien vous souvenir quelquefois de celui dont la reconnaissance vous est à jamais acquise.