‹ Le peintre Adrien Guignet: sa vie et son œuvreChapitre 32 sur 62 · Cœsar. De bello gallico, lib. VI, c. xxx · texte numérisé non relu

Cœsar. De bello gallico, lib. VI, c. xxx

Cette œuvre aussi vigoureuse qu'excentrique fiit remarquée par les critiques.

« Adrien Guignet, dans son Gaulois, a conservé toute sa fougue, toute sa farouche passion pour le mouvement et pour la couleur. Salvalor Rosa n'eût pas mieux lancé un cheval indompté dans les montagnes de la Calabre.

» M. A. Riffaut est le traducteur ordinaire d'Adrien Guignet ; grâce à lui, ceux qui n'ont pas les tableaux des peintres les comprennent bien par la gravure. » *

Riffaut, en effet, publia du Gaulois une très belle gravure héliographique qui rend parfaitement l'original ^ ; le journal VArtiste en a donné la reproduction. Le même journal édita aussi, l'année suivante, un condottiere de Guignet, armé et casqué, préservant son armure sous les loques d'une espèce de casaque tombant sur ses épaules et sa poitrine comme la crinière d'un vieux lion. Sa longue pique à l'épaule, la rapière au

côté, la jambe tendue pour partir, il est défini par le journal dans les termes suivants : « Voilà un valeureux drôle que je vous recommande si vous avez un mari ou un amant à supprimer de la création. C'est un honnête homme qui tient à sa parole comme à son coutelas. — Parlez et vous serez servi à juste prix. — S'il y met du retard, c'est qu'il aura fait une prière à sa madone. » ^

C'est cette même année, croyons-nous, que J.-B. Guignet fit le portrait du duc de Luynes, qui venait poser dans son atelier, rue Monsieur-le-Prince, n® 20. Le duc y vit un jour un panneau peint par Adrien, qu'il ne connaissait pas personnellement, mais dont il avait remarqué le tableau de Joseph expliquant les songes de Pharaon. Il demanda le nom de l'auteur de la charmante composition qu'il avait sous les yeux, et quand il sut qu'elle était d'Adrien, il féUcita chaleureusement

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