‹ Le peintre Adrien Guignet: sa vie et son œuvreChapitre 44 sur 62 · Communiqué par M*** Bëtonmé elle-mêmo · texte numérisé non relu

Communiqué par M*** Bëtonmé elle-mêmo

2. Une note des papiers d'Adrien nienUonne d'autre part qu'il avait été libéré comme soutien de famille.

3. Louis Guignet lui offrit en souyenir d'Adrien^ un tableau représëntahi une caravane au passage d'un torrent; ce tableau a figuré à rézposition rétrospective d'Autun, en 1876, avec deux beaux fusains appartenant au môme, sous le n» 57. 11 donna au docteur Azenfeld un beau dessin, le Chrisi conduit au Prétoire,

Le dimanche suivant, un petit cortège d^amis fidèles et de voisins émus et recueillis qui l'aimaient presque sans l'avoir connu, suivaient à travers les rues solitaires du quartier du Luxembourg ^ son convoi à la petite église do Saint- Jacquesdu-Haut-Pas, et de là au cimetière Montparnasse. Lorsque le corps, au milieu d'un morne silence, fut descendu dans la fosse, la femme d'un do ses amis s'en approcha et y jeta une touffe de muguets. Chaque année au retour du printemps, Adrien ne manquait jamais d'acheter le premier bouquet de cette fleur en vente sur son chemin. Il aimait de prédilection les fleurs sauvages et cultivait sur sa fenêtre un fraisier de la gorge de Brisecou, en souvenir d'Âutun.

Sa mort fut si prompte que beaucoup de ses amis l'apprirent avant sa maladie. Huit jours après, C. Maugey, ce peintre autunois qu'il avait ramené avec lui à Paris en 1846, se rendait suivant son habitude à l'atelier chez le duc de Luynes, et étant connu du concierge prenait l'escalier sans s'annoncer. — Où allez-vous, lui demanda celui-ci, en l'interpellant tristement? — Vous le savez, chez Guignet. — Il n'est plus ici, il est au cimetière Montparnasse.

Nous avons tenu autrefois une lettre navrante de la mère d'Adrien, dans laquelle elle annonçait à une parente d'Âutun la mort de son fils, cette lettre que nous avions espéré pouvoir reproduire a été perdue.

Le fatal événement ne permit pas au duc de réaliser son généreux dessein d'envoyer Guignet en Italie. Il écrivit alors à sa mère pour s'associer à son chagrin et lui faire part de ses intentions vis-à-vis d'elle-même :

« Madâhe,

» Je suis très affligé d'avoir à réveiller une douleur bien profonde dans votre cœur, en vous parlant de la perte cruelle que vous venez de faire. Je comprends malheureusement

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