‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 104 sur 157 · Arch. Nat., Y · texte numérisé non relu

Arch. Nat., Y

i64 APPENDICES

Enfn, nous connaissons une lettre de recommandation, en faveur de l'artiste, adressée en 176c au directeur des Bâtiments, et la réponse de celui-ci ; les voici toutes deux :

« A Soisy sous Etiollc, le 24 juin 1769. « Monsieur,

« Je suis priés par des amies à qui j'ay de grandes obligations de vous demander une grâce, et comme ils savent que la mémoire de Monsieur de Tournehamt vous est toujours chère, et que vous avés la bonté de rendre service à ses parans, ils espère que vous aurés celle de ne me pas refuser. Voycy Monsieur ce que je pren la libertés de vous demander. Mlle Alet élève de feu Mf Aved, désireroit être agréée à l'Académie de peinture. Ces talans sonts conûs de Mrs Chardin, Pajou, Pierre, Lagrenés et Vien qui la connoisse et qui onts vue ses ouvrages. Si vous avés la bonté de leurs parler, ils vous dironts quelle mérite votre protection, pour moy j'ajouterés cette grâce à tous les services que vous avés eu la bontés de me rendre, mais elle ne peut rien ajouter à la reconnoissance que j'aurés toutes ma vie pour vous. J'ay l'honneur d'être avec respect. Monsieur, votre très humble servante, »

« Durocher.

« Sy vous avés. Monsieur, la bontés de me répondre, adressés moy votre lettre à Soisy sous Etiolle, où nous avons pris, ma mère et moy, une maison dans laquelle nous passons la plus grande partie de l'anéc parce quelle sy porte mieux qua Paris \ »

« 9 juillet 1769.

« Made. Durocher

« Je serai toujours flaté, Madame, des occasions qui se présenteront de marquer à tout ce qui tient à M. de Tournehem, combien sa mémoire m'est chère. D'après l'intérêt que vous prenez à la Dlle Alet, élève de feu Mr Aved, je me ferai bien volontiers rendre compte de ses talens par quelqu'un des artistes que vous me marquez en avoir eu connoissance, mais je me suis fait une loi de ne gêner en rien le suffrage de l'académie. Si ces talens sont de nature à justifier le désir qu'elle [a] d'y être agréée, elle n'a d'autre chose à faire qu'à lui présenter quelques uns de ses ouvrages. L'académie lui rendra certainement justice, j'apprendrai avec plaisir l'acquisition qu'elle aura faite d'une nouvelle académicienne.

« J'ai l'honneur d'être avec des sentimens respectueux, Made. votre très humble etc. " »

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