J.-A.-J. Aved à J.-B. Rousseau
II juillet i']^9.
J'ay reçue votre dernière lettre, mon cher amy, et le sonnet corigé. Je vous et déjà dit combien je suis sensible aux marque d'amitiés que vous me donnés. Sy je ne craignes de remplir mes lettres de répétition ennuieuse, je vous dirois toujour que personne n'est plus votre amy que moy, soiés-en persuadé ; que ma négligence ne vous prévienne pas contre moy ; je seray toujours le même. Je suis sy fort aucupé pour mon exposision qui cera le mois prochin, je n'ay pas un cardheur à moy. L'on travaille à votre graveure. Soies en repos, vous en aurés des plus belles épreuve. Je conois votre atachement pour M. le comte de Lanois ; elle ne paroîteront pas isy qu'il en aura une chés luy ; les bontés qu'il a pour vous mérite cette déférance. Tous ceux qui vous aime me force à les respecter. Je leurs croy à tous un mérite peut comun. Je n'ay pas veu M. le comte du Luc depuis que je vous et écrit ma dernier lettre. Il est encore à Savigni. Je n'ay pas veu M. le marquis de Nesle, mais je say de ces nouvelle de tems en tems. Tous nos amis en général vous font mil compliment. Ma femme et M, de Arlon, mes enfans vous embrasse mil fois.
Vous aurés sens doute reçue le paquet de vos livres ; vous ne me parlés jamais de votre sente ; ditte-m'en quelque chose, je vous prie ; entrés dans ces détail ; rien n'est indiférant pour moy quand cela vous regarde. L'on fait de grand préparatif pour le mariage de Madame. Adieu, mon cher amy, aimés-moi toujour, et croies que je seray toutes ma vie votre très heumble et très aubéissant serviteur.
Aved.
Ce 1 1 juillet.
Excusés mes ratures ; j'écrit cy mal que j'ay peur que vous ne jettiés ma lettre au feu sens la lire. Toutes mal qu'el est, vous este sûre d'y trouver les vrays sentiment de mon cœur.
[y4(3?r«ie] Monsieur, — Monsieur Rousseau, à — la Viellecour à Bruxselle, — à Brusselh.
Publiée dans les <g. Archives de l'Art français ^, igoj, p. ij. — L'éditeur ajoute que la lettre est scellée d'un « cachet sur cire rouge, tête de femme du dix-huitième siècle ». Ce cachet doit être le même que celui qui ferme la lettre n° 8, et représenter la reine Marie Lecl^ins\a. Voir notre fac-similé.
CORRESPONDANCE D'AVED 183