‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 151 sur 157 · I{écit d'Haillet de Couronne · texte numérisé non relu

I{écit d'Haillet de Couronne

Jusque vers 1737, il s'étoit borné à peindre des objets inanimés; il n'avoit point tenté de tableaux de figures. Le fait qui le détermina à essayer est assez singulier. M. Aved, peintre de portraits, et son ami particulier, prenoit volontiers ses avis, et s'en trouvoit bien. Cependant, un jour que M. Chardin par ses réflexions le serroit de près, M. Aved lui dit avec vivacité : « Tu t'imagines que cela est aussi aisé à peindre que des langues fourrées et des saucissons ! » Il fut piqué de cette répartie. Cependant, il se contraignit, mais dès le lendemain il entreprit un tableau de figures. C'étoit celui d'une servante qui tire de l'eau à une fontaine. Il réussit parfaitement ; de là plusieurs bons tableaux très intéressants dont les sujets ensuite se sont ennoblis par un choix plus élevé dans les personnages, tels sont le tableau de la Gouvernante et celui d'une dame variant ses amusements.

[Mémoires... sur la vie des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture ... , t. II, p. 436-437. Chardin, par Haillet de Couronne, d'après Cochin.)

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