DACIER (Em. ), Le Musée de la Comédie-Française, p
2. Il s'agit, bien entendu, du Rousseau du musée de Versailles. Catalogue, n'go.
tiens royales, une belle place dans la salle des gardes de Choisy, avaient été sa récompense '. Il voulait sans doute mieux et son amitié pour Bachelier devait l'y encourager.
Au début de 1744, nous voyons celui-ci appuyer auprès d'Orry, directeur des Bâtiments, Aved, qui sollicitait le logement au Louvre vacant par la mort de Frémin '. La recommandation n'eut pas d'effet. Mais c'est peutêtre le premier valet de chambre qui valut à son ami une faveur bien plus grande : celle de faire le portrait de Louis XV.
Les textes seuls nous font connaître cette œuvre. Aved en parle, nous le verrons, dans une lettre au marquis de Marigny datée de mai 1763 et signale qu'il la commencé « il y a près de vingt ans » et n'a pas pu le finir '. La notice qui précède le catalogue de la vente après décès de l'artiste en fait également mention '' et donne la date de l'exécution : « avant la campagne de 1744 ». Enfin, un ouvrage très postérieur a ramassé, en parlant d'Antoine Le Bel, l'élève d'Aved, une série d'anecdotes relatives à ce portrait \ Nous devons ajouter que ces récits, où Le Bel tient une place excessive, semblent largement déformés. Pourtant un trait au moins, le nom familier de Le Bel, Antoine, est exact, nous l'avons trouvé ailleurs ''. Sans doute, ce dernier, devenu vieux, a-t-il brodé sur la trame de ses souvenirs.
Il est certain, du reste, que les travaux de notre peintre ne lui furent jamais payés et la remarque de Cochin sur la réclamation qu'il faisait à ce sujet, dix-neuf ans plus tard, à M. de Marigny, peut servir de conclusion à cette tentative manquée pour pénétrer à la Cour :
1. Voir la lettre d'Aved à Marigny, mai 1763. Pièce justificative I, n* 24.
2. Lettre de Bachelier en date du 18 février 1744. Arch. Nat., O' 1672, dossier 3, pièce 7. Le logement fut donné à Oudry. Nouvelles Archives de l'Art français, 1873, p. 90.
4. RJmy (Pierre), Catalogue raisonné... de feu de M. Aved, p. VL
5 . \Annwiire du département de la Haute-Marne pour iSi i. Nous ne connaissons le texte de l'article consacre à Le Bel, que nous reproduisons à l'Appendice IV : Les Elèves d'Aved, que par une copie conservée dans les papiers de la famille Cournault. Cette année de l'Annuaire n'existe pas à la Bibliothèque nationale.
6. Voir plus haut, p. 43, la lettre d'Aved à Rousseau, du 15 juin 1739 : « Votre amy Antoine fait toujours des progrès... » '
« Quant à ce qu'il a eu le malheur de faire des ouvrages pour le roy qui n'ont point été payés, c'est sans doute une chose fâcheuse et à laquelle les gens d'art ne sont que trop sujets, lorsque, n'étant pas instruits, ils se trouvent présentés à la Cour par des personnes qui n'ont pas ensuite le pouvoir de les faire payer... ' »
Au même moment, Aved devint plus assidu aux séances de l'Académie. Depuis sa réception jusqu'en 1738 il y était venu une fois ou deux l'an. Pendant cinq ans, de 1738 à 1742, il cessa totalement d'y paraître. Enfin, en 1743, il assista à trois séances. Le vingt-huit mars 1744, il était nommé conseiller, en remplacement du portraitiste Gobert. Il avait désormais voix délibérative avec les officiers " . Il vint à l'Académie aussi fréquemment que ses amis Chardin et Tocqué, dont les noms, alternant parfois avec ceux de J.-B. Massé et de Frontier, voisinent avec le sien à la signature des procès-verbaux de séance. A la fin de sa vie, Aved était un des membres les plus réguliers de l'assemblée ^
Il n'y eut pas de Salon en 1744 et, par conséquent, nous sommes peu renseignés sur les travaux de l'artiste cette année-là. Nous savons que, le vingt-six novembre, il assistait, en qualité de témoin, au second mariage de Chardin ''. Faut-il croire que c'est à ce moment qu'il exécuta le portrait de Madame Chardin actuellement conservé à Carnavalet ? Mais, on le verra plus loin ', nous ne croyons pas que ce portrait soit d'Aved.
Au Salon de 1745, Aved exposa trois portraits. C'étaient ceux d'un anonyme, vêtu de velours noir '', du maréchal de Maillebois ^ et de l'avocat
1. Voir p. 103, la note de Cochin à M. de Marigny, en date du 8 juin 1763. Pièce justificative I, n* 24.