Catalogue, n
3. Procèi-\erbaux de l'Académie, t. VI, p. 23, 33, 34. — Le 2 juillet delà même année, Aved était délégué avec Frontier pour aller visiter Jouvenet, qui était malade. Op. àt., t. VI, p. 32.
au Salon de 1746. Nous ne connaissons pas le portrait de M. de Moëtlien ', ni celui de Madame Poisson de La Chabeaussière ', femme de l'avocat, ami de Rousseau et d'Aved, dont il avait exposé le portrait au Salon de l'année précédente. Il en est de même pour ceux du père de Linières ' et de Crébillon ^, mais, fort heureusement, ce dernier avait été gravé et nous pouvons au moins connaître sa disposition générale.
Crébillon est debout, dans un cabinet de travail sommairement meublé, entre une chemmée et une table qui porte quelques-uns de ses ouvrages. Il est vêtu d'un manteau étroit, bordé d'hermine. Sous une vaste perruque^ le visage, tout en méplats, paraît comme martelé. L'oeil est petit et fixe. Des rides profondes sillonnent le front et les joues. La physionomie exprime la finesse, la ténacité. Le cadre austère convient bien à cet auteur convaincu de sombres tragédies, dont la carrière fut simple, pauvre et digne.
Le critique du Mercure de France déclare que ce portrait est un de ceux qui font le plus d'honneur au peintre et l'un des morceaux les plus frappants du Salon \ Mais la modération d'Aved, si conforme au caractère du modèle, n'avait pas été du goût de tout le monde. Lafont de Saint- Yenne, préludant à cette critique d'art « littéraire » que Diderot devait plus tard pratiquer, regrettait que ce portrait fût si calme. Il eût voulu voir le poète, en proie à l'enthousiasme sacré, réciter en gesticulant quelque beau morceau de ses tragédies ^. Le temps de la peinture mélodramatique n'était pas encore venu. Aved, comme les bons artistes de son temps et de tous les temps, sut se contenter d'être peintre et non dramaturge ou comédien.
Le « P. Liniers » du Livret doit être le Père Claude Tachereau de